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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 19:02
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso : "Le Nord ne doit pas perdre le pouvoir !"

par Rigobert OSSEBI

Vendredi 13 mars 2014, à 10 heures, le Colonel Germain Ickonga-Akindou franchissait la porte de sortie de la maison d’arrêt de Brazzaville après presque deux années passées derrière les barreaux. Il y laissait son double camarade d’infortune, dans la parodie de justice et dans l’incarcération, le Colonel Marcel Ntsourou. Alors que ce dernier croupit depuis trois mois en QD ( cellule disciplinaire), sans lumière ni ouverture, l’ancien directeur général de l’équipement de l’armée congolaise quittait sa prison dorée, libre définitivement de toute poursuite.

Que l’on ne s’y trompe pas, cette décision d’affranchir l’inculpé de détournements de deniers publics liés à l’affaire du 4-Mars n’a rien de judiciaire ou d’humanitaire. Rien à voir avec un éventuel recours instruit par une quelconque haute juridiction ; rien à voir avec une intervention divine en ce jour du « 14 mars décrété sacré »(1) par l’autocrate sanguinaire et rien à voir également avec un lobbying intensif des Ickonga envers leur enfant et frère ainé et leur mécontentement à l’encontre du dictateur.

Dès son incarcération, les parents makouas du colonel Germain Ickonga-Akindou avaient dépêché les Sages de la région auprès de Denis Sassou NGuesso afin d’obtenir la grâce présidentielle pour leur enfant. Firmin Ayessa, faussement à l’écoute des dignitaires de sa famille makoua, n’intervint nullement pour la libération du coupable de détournements, certes, mais vrai bouc-émissaire dans les explosions. Trop soucieux de protéger les vrais responsables, l’homme de l’Alima et son neveu Bouya, le ministre d’Etat, directeur du cabinet présidentiel, contribua à l’humiliation des Sages de Makoua alors que le pouvoir dictatorial s’amusait de leurs suppliques.

Depuis, le chef de guerres civiles n’a cessé de voir le camp de ses partisans se réduire comme une peau de chagrin à force d’empoisonnements, d’emprisonnements et de disparitions en tous genres, accidentelles ou faussement naturelles et surtout de purges ; les Ntourous, Bemba, Okombi Salissa, pour ne citer qu’eux dans les Plateaux, comptaient pourtant parmi ses plus robustes soutiens.

Aussi, tout juste après son voyage d’affaires en Israël, dédié à l’armement, aux munitions et aux technologies et techniques de combats urbains, l’autocrate-massacreur de populations civiles s’est empressé d’aller dans le Nord du pays pour battre le rappel de ses troupes. Le message était clair « Le Nord ne doit pas perdre le pouvoir ! » Dès le 4 mars à Impfondo, l’achat des consciences battait son plein. On s’y serait adressé à lui ainsi : « Monsieur le Président, nous vous prions humblement de modifier la constitution afin que vous continuiez de diriger ce pays dans la paix jusqu’en 2025 ».

A Owendo, chez les parents de Marien NGouabi, les pétrodollars ont produit le même miracle de « ralliements spontanés » et d’encouragements à modifier la constitution ! Des foules amnésiques des assassinats, dont leurs parents et Marien N’Gouabi ont été victimes, auraient ovationné le kleptocrate qui leur abandonnait quelques miettes infâmes de ses larcins.

Et puis, il a bien fallu envisager la réconciliation avec les parents de Makoua. Il parvenait bien au voisin de l’Alima des expressions d’un ras-le-bol, de ressentiments et d’envies de changement voire de renversement du pouvoir actuel ; il préféra ne pas en tenir compte ! Il se montra fort servile à l’opposé des dernières rencontres à Brazzaville. Des bassines remplies de liasses de billets de banque, comme le veut maintenant l’usage dans ces régions septentrionales (2), avaient été déposées en libre-service pour les dignitaires. Pour ces derniers, l’occasion était trop belle de se venger. Avant même que quiconque daigna soustraire une liasse d’une des bassines, le dictateur concéda non seulement la libération du Colonel makoua, mais il s’engagea à le promouvoir prochainement au grade de Général. En dédommagement des deux années de prison, deux millions d’euros, un par année, seront payés à l’indélicat ex-directeur général de l’équipement.

Le dictateur, passé-maître dans l’art des promesses non-tenues, aurait même ajouté : « ce n’est rien deux années dans la vie d’un homme ! Germain retrouvera mieux que son grade et que son poste. Le pays a besoin de lui ! » Denis Sassou NGuesso demanda seulement, et l’obtint, que la libération s’effectue le 14 mars 2014 pour donner de la solennité à cet accord !

Certes, plus que jamais après avoir fait l’inventaire des forces qui lui seraient acquises dans le nouveau bras de fer, sûrement sanglant, qu’il prépare contre la nation congolaise, Denis Sassou NGuesso manquera cruellement de renforts. Mais si toutefois il venait encore une fois à s’imposer, il ne tiendra aucune des promesses qu’il aura faites à Impfondo, à Owendo ou à Makoua ; à Germain Ickonga-Akindou pas plus qu’aux autres !

Le dictateur à une mémoire volontairement des plus volatiles pour ses engagements mais sa rancune est, on ne peut plus, tenace ! Que Marcel Ntsourou, André Okombi Salissa et autres Germain Ickonga-Akindou ne l’oublient, eux, surtout pas ! Ils ne le paieront que plus chèrement !

Rigobert OSSEBI

(congo-liberty)

(1)Date anniversaire du décès de Madame Edith Bongo-Ondimba

(2) Des sacs de farine font parfois l’affaire

(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso : "Le Nord ne doit pas perdre le pouvoir !"

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Rogobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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