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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 17:12
(Congo-Brazzaville) La maison d'arrêt de Brazzaville : un enfer carcéral au Congo, mais aussi le temple de grand racket...

La maison d’arrêt de Brazzaville: un enfer carcéral au Congo mais aussi le temple de grand racket des prisonniers, by Officiel Brazzanews

La Maison d’arrêt centrale de Brazzaville (MACB), est un établissement pénitentiaire, le plus grand du Congo, construit pour environ 150 prisonniers. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il héberge à ce jour près de 750 prisonniers à la barbe des autorités politiques, judiciaires et militaires !

Elle comprend 6 quartiers et 28 cellules où s’entassent les détenus parfois au nombre de 65 pour une cellule ! La Maison d’arrêt est surpeuplée au point d’avoir enregistré 5 morts rien qu’en 10 mois ! Le grand danger c’est qu’en cas d’épidemie à la Maison d’Arrêt, les morts se compteront par centaines. En plus, le placement des détenus dans les quartiers ne répond à aucune organisation objective ou à une catégorie. Mais, tout dépend de la somme que vous versez aux gendarmes et aux agents de l’admnistration pénitentiaire.

Pour être admis au VIP il faut débourser la somme de 80.000Frs !

La transformation du quartier des mineurs en quartier VIP date de la période correspondant aux arrestations consécutives à l’affaire du 4 Mars 2012. Pour y être admis, il faut débourser la somme de 80.000Frs au titre du loyer payé aux gendarmes ou agents pénitentiers ! Le placement au quartier fonctionnaire et à la cellule 14 est conditionné par le paiment d’une somme allant de 21.000Frs à 45.000Frs ! Les quartiers défavorisés ne sont pas toujours gratuits ! La somme payée pour le loyer varie de 10.000Frs à 15.000Frs.

Les détenus incapables de verser ces sommes, sont soumis à la brimade et autres traitements dégradants. Par ailleurs, si le gros de l’argent que se font racketter les prisonniers échoue dans les poches des administrateurs pénitentiaires, une partie sert tout de même à l’organisation de la cellule et de la vie carcérale. Bien entendu, à l’approvisionnement en produits de première nécessité.

Les tenanciers de la Maison d’Arrêt

Toujours concernant cette Maison d’Arrêt de Brazzaville, elle est dirigée par un directeur ou régisseur, un certain ¨Ngongniélé Lambert¨, secondé par un surveillant général, Mr Kiba, les deux assistés par des agents de l’administration pénitentiaire dont parmi eux, un surnommé ¨Alino¨. Le veinard qui convoite le poste de chef de détention ! La sécurité est assurée par une dizaine de gendarmes qui se relaient pour une durée de 7 jours. Les visites des détenus qui ne sont pas en régime de confinement se font tous les jours, du lundi au dimanche moyennant la somme de 200Frs par visiteur, payable autant de fois qu’il y accède ! La discipline y est de rigueur, sinon vous êtes isolés pour quelques heures ou des jours au quartier disciplinaire, dénommé « Q.D ».

Les mauvais traitements à la Maison d’Arrêt

En dépit de cette rigueur, la plupart du temps, les détenus sont battus avec une violence inouie par les gendarmes et/ou les agents de l’administration pénitentiaire. Nombreux sont soumis à la torture dans un pays ayant ratiffié les conventions internationales contre cette pratique ; à la privation du sommeil en leur aspergeant de l’eau froide au milieu de la nuit ; à des bains de pluies battantes en pleine nuit… ! Les nouveaux arrivants, jeunes pour la majorité, sont frappés et maltraités avant leur placement en cellule (le phénomène « baptème ») ou bien passent leur première nuit au Quartier Disciplinaire (Q.D). Certains en sortent blessés tandis que d’autres avec des membres fracturés ou foulés. Et pour cause, là-bas, le baptème frise l’inhumain ! A la Maison d’Arrêt de Brazzaville, les mauvais traitements ont lieu au vu et au su de tous les agents et prisonniers. Ils peuvent durer des heures. Tout porte à croire qu’ils ont été officialisés ! Les prisonnières ne sont pas en reste, car, elles subissent aussi les mêmes traitements que les hommes.

Les tortionnaires ¨Longangué¨et ¨Régis Massouendé¨


Le groupe de gendarmes le plus célèbre dans le mauvais traitement des prisonniers est celui du Maréchal de Logis-Chef « Longangué », qui se distingue par une violence et cruauté barbares envers les détenus. Lorsqu’il prend la relève, c’est le traumatisme total et la peur dans le ventre des détenus. Un jour, un détenu dénommé ¨Christian¨, accusé de viol, a essuyé plusieurs coups de fouets au pénis jusqu’à écoulement de sang ! Un autre avait été battu nu, comme un vers sortant de terre, en présence des prisonnières, vu que tout ceci a lieu au quartier femme où se trouve le Q.D. Une Dame nommée Huguette a dernièrement été sévèrement battue, mennottes aux poignets, jusqu’à l’intervention d’un colonel, lui même détenu à la Maison d’Arrêt. Malgré les remarques faites au directeur et au surveillant, aucun changement n’a été constaté. Certains éléments de l’ex-colonel Ntsourou ont passé 20 jours au Q.D sur instruction et sans justification aucune. Ce fameux Q.D. n’a ni électricité, ni douches, ni latrines, ni autres commodités.

Au sortir de là, ils ont tous eu droit aux furoncles, maux d’yeux et autres maladies cutanées. Tandis que d’autres (éléments de Marcel Ntsourou) sont encore au régime de confinement dans une cellule après leur passage devant le procureur de la République, et ce, depuis plus de 2 mois. Leurs visiteurs leur apportent la nourriture, et c’est à ce seul moment où ils reçoivent les provisions, qu’ils voient la lumière du jour ! Pour avoir réclamé des meilleurs conditions de détention, ils ont tous été battus le lundi 20 janvier 2014 à 12h. Il s’agit d’officiers et sous-officiers maltraités par les maréchaux de logis agissant sous les ordres du lieutenant « Regis Massouende ». C’est donc dire que les droits de l’homme ne sont que de bonnes paroles dépourvues de sens pour les autorités de la maison d’Arrêt où les traitements dégradants ont lieu tous les jours : c’est un secret de polichinelle !

La Maison d’Arrêt : un « baisodrôme » géant

Qui plus est, une prostitution déguisée a cours à la maison d’Arrêt de Brazzaville entre détenus femmes et hommes avec la complicité des autorités pénitentiaires, moyennant pourboire ! Les prisonniers qui ne sont pas en manque d’argent n’ont donc aucune peine à vider leur gourme. Le pire, selon nos sources, est que certains matchs sexuels se jouent sans botines, étant donné que la plupart des prisonniers sont sans le sou. S’agissant des conditions de couchage des prisonniers, une partie des lits et des matelas fournis par le Projet d’Actions pour le Renforcement de l’Etat de Droit et des Associations (PAREDA), de l’Union Européenne, aurait pris une autre direction. Conséquence, plusieurs prisonniers dorment encore à même le sol à la Maison d’Arrêt de Brazzaville.

Le grand racket des prisonniers

Par ailleurs, qui l’aurait cru ? La justice congolaise (pas comme celle du Cameroun classée comme la plus corrompue au monde), reste de loin l’une des institutions les plus gangrénées par la corruption. En son sein, le record est battu par le parquet qui ne rate aucune occasion pour se remplir les poches. Un magistrat, aujourd’hui patron de la Maison d’Arrêt, à l’époque fonctionnaire au tribunal de Poto-Poto, s’est illustré par des magouilles de toutes sortes, au point d’être déclaré personna non grata dans ce quartier jusqu’à ce jour. « Il aurait baigné dans la vente des terrains d’autrui », soutiennent ses détracteurs ! Autres faits, il se ferait souvent payer, à coup de millions de Cfa, la libération des prisonniers VIP de la Maison d’Arrêt à savoir, les détourneurs de fonds, les chinois amateurs d’ivoire, faussaires camerounais ou nigérians. A cela, il faut ajouter les libanais présents dans tous les coups fourrés à Brazzaville et qui se font choper par la police.

En fait, de tous les prisonniers, ceux qui sont écroués pour escroquerie et vol d’argent sont les préférés puisqu’ils constituent pour ce magistrat, un pactole. C’est sa chasse gardée ! Le cas du chinois collectionneur et vendeur d’ivoires dont la libération aurait été échangée contre quelques millions de Fcfa. Idem pour la libération du détenu arrêté par Intepol à Kinshasa pour vol de 475 millions de Fcfa au ministère des Eaux et Forêts de Henri Djombo, alors que cette affaire a coûté la liberté à deux officiers accusés à tort, les colonels Bongoye et Okhia. Ledit magistrat aurait en plus bénéficié dans cette transaction, d’une maison à Kinshasa où il s’est rendu dernièrement, le Samedi surpassé.

La légèreté des magistrats congolais est devenue tellement criarde que certains OPJ ne mettent plus les gants pour la dénoncer. Un officier de police exerçant au commissariat central ne s’est pas gêné de déclarer un jour : « pour la libération des malfrats déférés à la Maison d’Arrêt, certains magistrats empochent les sommes dérisoires que les policiers refusent de prendre, comme si ces derniers savent arrêter les bandits et peuvent les appréhender quand ils sont armés » ! Quelle honte ! Tous les prisonniers ou presque sortent de cet établissement pénitentiaire après avoir octroyé des sommes aux magistrats. La chasse aux clients est menée par des démarcheurs, des courtiers, eux-mêmes commis de justice.

Plus triste encore, ces écuries raquettes bien souvent les prisonniers sans suite favorable si ce n’est pour augmenter les mises ! Ainsi un véritable business et chantage a lieu autour du prisonnier à la Maison d’Arrêt de Brazzaville. Mais, que peuvent les pauvres prisonniers étant entendu que la liberté n’a pas de prix ! Pour des cas très graves, les magistrats demandent, avant la libération du prisonnier, la possibilité pour la famille de ce dernier d’offrir à leur enfant un voyage à l’étranger aussitôt mis hors de la Maison d’Arrêt, question de ne pas s’attirer les foudres des plaignants. Tout est donc possible avec les magistrats congolais qui ne refusent rien à qui a les poches bien pleines ! Pourtant, il faut voir comment donnent-ils des leçons aux journalistes convoqués devant leur tribunal.

Daniel Nsion (Brazza-news)

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Daniel Nsion - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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