Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:42
Congo-Brazzaville : Y a-t-il des courageux au PCT ?

par Moleki Nzéla

L’implosion du parti du " camarade Blaise ", autrement dit Blaise Compaoré, président du Burkina Faso a fait l'effet d'une douche froide au sein du clan au pouvoir au Congo, poussant les officines de Talangaï à plancher sur des plans B de conservation du pouvoir clanique.

La défection en masse de dirigeants importants du CDP, parti au pouvoir au Burkina Faso, lesquels s’en sont allés former leur propre formation politique, une façon de s’opposer à un énième mandat de Blaise Compaoré a fait surgir des craintes au palais de la présidence au Congo. Car ici on examinait à la loupe l’exemple du Burkina et il n'était pas interdit de s’appuyer sur le savoir-faire et le modus operandi du " camarade Blaise " pour rempiler en 2016.

Membres du PCT

Mauvais calcul car le scénario burkinabè devient paradoxalement la source d’inspiration non seulement pour l’opposition congolaise mais aussi pour les membres du PCT, en tout cas pour ceux d'entre eux qui seraient tentés de refuser qu’un seul et même clan s’accroche au pouvoir par tous les moyens, depuis plus d’un quart de siècle.

Faut-il rappeler que Sassou et son clan rêvent de modifier la Constitution, un texte qui empêche le président congolais de briguer un autre mandat ? Cette loi fondamentale taillée par lui-même sur mesure fait interdiction à tout citoyen congolais de plus de 70 ans d’être candidat à la présidence et à tout président sortant de briguer plus de deux mandats. Sassou est aujourd’hui âgé de plus de 70 ans et a déjà accompli au moins deux mandats de suite. Donc inéligible à plus d'un titre. Une perspective inacceptable pour celui qui est décidé de mourir coûte que coûte au pouvoir. Comment s’y prendre pour continuer au-delà de 2016, pour celui qui considère le pouvoir comme une assurance-vie ? Comment abandonner un pouvoir alors que celui-ci constitue sa seule protection contre la Cour pénale internationale, par exemple dans l’affaire des « Disparus du Beach », et la seule façon de continuer à faire vivre sa famille en pillant les finances de l’Etat ?

En modifiant la Constitution pardi !

Pierre Ngolo, chef du PCT : potiche ou régent ?

Oui mais comment ? Par référendum ? En convoquant le parlement ? Encore faut-il préparer le terrain et l’opinion publique nationale et internationale.

Pour atteindre son objectif Sassou, en homme prévoyant, a déjà mis les petits plats dans les grands. Il a épuré le PCT, parti unique au pouvoir en installant un Comité central et un Bureau politique à coloration mbochi, du nom de son ethnie et en écartant d’éventuels frondeurs type Mvouba ou Okombi Salissa.

Du côté de l’opposition, contre monnaie sonnante et trébuchante il a divisé les grands partis que sont l’UPADS et le MCDDI notamment en fomentant des dissidences, des scissions, bref en créant des « ailes » qui lui sont favorables.

Du côté de l’armée il a désigné un nouveau chef d’état-major général et a nommé aux postes clés des officiers d’ethnie mbochi. La police et la sécurité d’Etat sont d’ores et déjà en de bonnes mains, c’est-à-dire sous le contrôle exclusif d’officiers mbochi que sont François Ndengué et Dominique Okemba. Les finances, nerf de la guerre sont verrouillées puisque la vente du pétrole, la principale richesse nationale est entre les mains de son fils Christel Nguesso. Les Grands Travaux sont supervisés par son cousin Jean Jacques Bouya, Premier ministre de fait du gouvernement.

Sur le plan international, Sassou soigne son image à coup de milliards de pétrodollars, prêtant à sa seule et unique discrétion, des centaines de milliards de francs CFA à la Côte d'Ivoire, au Niger, à la Centrafrique..., organisant à Brazzaville des colloques sans grand intérêt sinon celui d'inviter des personnalités connues (lire notre article) et corrompant, dit-on, à tour de bras.

Cependant, malgré toute cette organisation, malgré tout ce maillage et ce verrouillage, malgré toutes ces précautions, il reste l’air du temps (le " printemps arabe " par exemple), un contexte international hostile aux rafistolages des Constitutions et une population congolaise frondeuse, qui croule sous le poids de la misère. Autant de facteurs incontrôlables.

C’est sur ces variables que peuvent aujourd’hui surfer l’opposition congolaise et les membres du PCT qui seraient, comme tout le monde au Congo, lassés de voir un même clan minoritaire imposer sa domination (et son arrogance) des décennies durant sur tout un pays, sans résultats tangibles au demeurant.

Mvouba

Sur un tel terreau, qui peut croire qu’un Mvouba Isidore, qu’un Okombi Salissa, par exemple, tous deux membres du PCT n’auraient pas d’ambition à faire valoir et ne rêveraient pas, ce qui est légitime, d’alternance au pouvoir ? Quel dirigeant politique normalement constitué accepterait toute sa vie de tenir un rôle de porteur d’eau, au service d’une famille ? A part peut-être Henri Djombo (" l'Oubangui se jette dans le fleuve Congo ", persiflent ses détracteurs), décrit comme satisfait de son très lucratif sort de roi indéracinable de la forêt congolaise, ils seraient très peu nombreux, en réalité, au sommet du parti unique à se sentir heureux de faire partie d’une génération à l'horizon politique bouché, du seul fait de leur naisance loin de la rivière Alima. Même Okemba paraît-il, pourtant un mbochi bon teint et membre de surcroît de la famille régnante réfléchirait des fois sur le sujet. Il est vrai qu'à l’image du Prince Charles d’Angleterre, voir les années défiler sans que le trône promis ou espéré ne se libère, en être réduit à compter sur Dame nature n'est guère palpitant pour un homme d'action. Forcera-t-il le destin pendant qu'il est encore temps, plutôt que d'être à la merci d'un éventuel coup tordu venu de nulle part ? Ceux qui le connaissent l'en croient incapable...

Okombi Salissa, lui, rêve à haute voix du fauteuil présidentiel… à Paris, depuis son éviction du gouvernement. Son handicap ? Il ne semble pas téméraire au point d’interrompre son confortable exil en France et de remettre un pied à Brazzaville, malgré son poste de député à l’Assemblée croupion. N’empêche qu’en tant que baron du régime, il pourrait appeler ses amis à faire défection du PCT. A moins qu’il ne les incite à continuer à travailler au sein de ce parti pour appeler, de l'intérieur, au NON contre Sassou, à l'image de Lekoundzou il y a quelques années.

Idem pour Isidore Mvouba dont on attend, sans trop d'illusions, qu’il appelle clairement à la nécessaire alternance, le moment venu. Et pourquoi ne s'inspirerait-il pas de la stratégie de Macky Sall contre Abdoulaye Wade au Sénégal il y a quelques années, en se portant lui-même candidat en 2016 ? Le temps presse !

G. B. Okoï, chef d'état-major général

Car on s’en doute : le PCT prépare déjà le terrain pour qu’un homme politique du sud du pays, de préférence (Thierry Moungalla, Hellot Mampouya... ?), ou de la société civile appelle à la modification de la Constitution en faveur de Sassou, avant que le peuple ne crie sur les toits et ne manifeste « comme un seul homme », histoire de demander à Sassou de « continuer ses chantiers », en bon « bâtisseur infatigable ». L'ancien parti unique a son argumentaire déjà prêt dans les tiroirs à Talangaï : il est antidémocratique de limiter les mandats présidentiels ; seul le peuple est souverain ; il faut sauvegarder la paix qui est à ce prix, etc. C'est la soupe à la grimace que le PCT tentera de faire ingurgiter aux Congolais, comme sil'alternance était l'ennemie de la paix au Congo. Autant de sornettes et autres balivernes dont il ne s’était pas prévalu en 2002 quand Sassou a imposé sa Constitution au peuple.

Quoiqu’il en soit, la question reste posée : y a-t-il des courageux au PCT qui seraient susceptibles d’agir pour l’avenir du pays comme au Burkina Faso

(Extrait de mwinda.org)

Congo-Brazzaville : Y a-t-il des courageux au PCT ?
Congo-Brazzaville : Y a-t-il des courageux au PCT ?
Congo-Brazzaville : Y a-t-il des courageux au PCT ?

Partager cet article

Moleki Nzéla - dans Congo-Brazzaville

Economie

Catégories