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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 19:07
(Congo-Brazzaville) Le hold-up constitutionnel annoncé du dictateur Sassou Nguesso

Sassou Nguesso pensif…bientôt la fin !

Le Congo s’apprête à aborder un virage capital de son histoire politique et constitutionnelle qui s’annonce préoccupant au moment où s’achève théoriquement le mandat « présidentiel » du dictateur Sassou-Nguesso.

Un habitué bien introduit à Mplila et à Oyo, nous confiait à l’issue de l’inutile forum Build Africa suivi de la célébration le 11 février, à Brazzaville du 25ème anniversaire de la signature de l’accord de paix pour l’Afrique australe, que l’autocrate d’Oyo se prépare à rempiler. Coûte que coûte. L’hypothèse de passer la main n’est pas inscrite dans sa psychologie.

Si depuis La Baule le vent de la démocratie avait soufflé en Afrique, aujourd’hui, c’est la mode des tripatouillages constitutionnels, avalisée par certains cercles mafieux français.

Le hold-up constitutionnel annoncé par le dictateur Sassou-Nguesso répond à une demande dont il est le seul à connaître les vraies motivations. Inscrit dans son ADN, la tricherie, pour s’éterniser au pouvoir est son seul dénominateur commun.

S’il est normal de procéder à une révision constitutionnelle, celle que s’apprête à faire subir aux congolais le dictateur Sassou-Nguesso, est tout simplement opportune, et ne repose sur aucune base juridique sérieuse. Elle porte simplement sur la prolongation de son mandat présidentiel.

En droit constitutionnel, deux procédés de modifications constitutionnelles sont possibles: la voie référendaire, et la voie parlementaire.

Minoritaire et largement rejeté par la majorité du pays, le dictateur Sassou-Nguesso choisira, sans aucun doute, la voie parlementaire qui lui permettra de s’accrocher au pouvoir. Ayant nommé lui-même ses parlementaires, la corruption à grande échelle de ces derniers, est du pain béni pour celui qui s’apprête à faire modifier sa propre constitution.

Sassou-Nguesso n’envisage pas une seconde de quitter le pouvoir en 2016, auquel sa constitution de 2002 lui interdit pourtant de se présenter.

Il a commencé par verrouiller l’armée, à intimider l’opposition (plusieurs personnalités sont privées de la liberté d’aller et venir), et se présente comme le parrain sans cagoule du continent en arrosant sans compter, au grand dam de la misère de « son peuple ».

Voulant rester au pouvoir au-delà de 2016 pour un troisième mandat successif, les articles 57, 58 et 185 de sa propre constitution l’empêchent de se représenter pour des raisons liées à l’âge(73 ans en 2016), et pour avoir déjà usurpé deux mandats successifs de 7 ans.

Le peuple congolais n’a plus rien à perdre. Cependant, le dictateur SASSOU-NGUESSO à tout à perdre s’il s’entête à s’accrocher au pouvoir en voulant faire modifier sa constitution.

Sa technique, bien connue, est simple: Il arrose, grâce à la planche à billets et à la manne pétrolière les valets de toutes les régions du Congo qui lui servent de caution morale, et de complices objectifs. Depuis, il multiplie les consultations avec les experts du dimanche en droit constitutionnel pour faire modifier sa constitution à son avantage, en violant(même s’il en a l’habitude) l’article 185 qui interdit toute modification constitutionnelle s’agissant le nombre des mandats.

A défaut d’avoir des idées, les congolais devraient s’inspirer de ce qui se passe au Burkina-Faso. Tout le pays clame en chœur le respect des principes constitutionnels. Acculé devant la pression populaire, et comme toujours, l’Elysée est en quête d’offrir une porte de sortie « honorable » au dictateur Blaise Compaoré. Afin d’épargner le pays du syndrome centrafricain, l’Elysée envisage de le faire parachuter à la tête de la francophonie, en remplacement d’Abdou Diouf.

La peur doit changer de camp. Ce n’est pas au dictateur Sassou-Nguesso de nous imposer un rythme, mais il nous revient de lui imposer notre tempo. Sans stratégie, sans relais, sans leader, sans fric, la chute du dictateur Sassou-Nguesso paraît peu plausible. Seul notre courage serait susceptible de l’évincer.

Le tripatouillage constitutionnel est une technique de monopolisation du pouvoir par tous les dictateurs, et un instrument de pérennisation d’un système politique mafieux, qui renvoie aux calendes grecques les préoccupations populaires.

Si toute constitution est une œuvre humaine, elle est faite pour être adaptée à l’évolution de la société. Ce qui est loin de correspondre aux « aspirations » du dictateur Sassou-Nguesso. A défaut de prôner l’alternance qu’il méconnaît, l’autocrate d’Oyo cherche à manipuler les textes.

Sassou-Nguesso s’apprête à conserver le pouvoir, comme il conserve l’appareil génital de Pierre Anga, après avoir marché et craché sur sa dépouille à Oyo, en disant: « Viens prendre le pouvoir ».

Ce dictateur en voie de disparition est prêt à tout. Réussira-t-il à faire un bras d’honneur à plus de trois millions de congolais?

Par Olivier Mouebara

(Extrait de congo-liberty)

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Olivier Mouebara - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso

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