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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 17:12
[Congo-Brazzaville] L'épopée du Barrage hydroélectrique de Sounda

Par Wilfrid SATHOUD

La maquette du Barrage de Sounda (EDF)

Considéré à l’origine comme fer de lance du développement économique et de l’industrialisation tant de notre pays, que de la sous région et du continent africain en général, par les gouvernants de la première République du Congo, qui eurent le mérite de poser solennellement, en leur temps, les bases de sa réalisation à ce jour inachevé ;

Le projet de construction du barrage hydroélectrique de Sounda reste une œuvre de plusieurs générations, demeuré longtemps mis en veilleuse et relégué en second plan des priorités de développement des différents gouvernements successifs depuis la chute de l’Abbé Fulbert YOULOU et du régime de la première République du Congo consécutive à la révolution des 13-14 et 15 aout 1963, jusqu’au renouveau démocratique post-conférence nationale souveraine, marqué par l’arrivé au pouvoir du Professeur Pascal LISSOUBA en 1992, ne cesse de faire coulé actuellement tant d’encre et de salive, au point d’interpeller l’attention de nombreux investisseurs, représentants des Ongs, experts et autres acteurs du développement intéressés par l’exploitation des potentialités économiques du continent africain récemment réunis à Brazzaville du 6 au 7 février 2014, dans le cadre du Forum international « Build Africa » sur le développement des infrastructures en Afrique, qui aurait remis de nouveau sur la sellette cet ambitieux projet d’intégration avec effet multiplicateur à grande échelle impactant sur plusieurs pays membres de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale).

Par devoir de mémoire pour la postérité et sur l’optique de faire œuvre utile à l’antériorité, nous revenons à la suite sur l’épopée du projet de construction du barrage hydroélectrique de Sounda.

24 mars 1961 : Cérémonie officielle de lancement des travaux préliminaires de construction du barrage hydroélectrique de Sounda, l’Abbé Fulbert Youlou accompagné des ministres Stéphane Tchitchelle, Germain Bicoumat, Alphonse Massamba-Debat, Victor Sathoud et Issac Ibouanga, en présence de deux hôtes de marques : le représentant du gouvernement Français Pierre Bokanowski et le leader sécessionniste de la province du Katanga (RDC) Moise Tshombé (premier à partir de la droite).

Pour l’histoire, il convient de souligner que c’est depuis l’époque coloniale, après la réalisation des travaux du chemin de fer Congo-océan (construit de 1921 à 1934) pour relier Brazzaville à Pointe-Noire, sur une distance de 512 kilomètre, traversant la forêt du Mayombe avec 11 tunnels et 27 viaduc, en plus du port en eau profonde de Pointe-Noire, de la mise en exploitation du terminal pétrolier de la Pointe-Indienne par la Société des Pétroles de l’Afrique Equatoriale et la construction de la ligne ferroviaire reliant la région de Franceville, dans le Haut-Ogooué à la voie ferrée Congo océan, pour l’évacuation des minerais de manganèse produit par la Compagnie Minière de l’Ogooué (COMILOG) que prendra forme, entre 1956 et 1957, le projet d’érection d’un gigantesque barrage utilisant les énormes potentialités hydroélectriques du fleuve Kouilou-Niari, situé à environ 70Km du port de Pointe-Noire, dans le magnifique site de Sounda, où serait construit un important barrage de retenue des eaux qui conduirait à la formation d’un lac artificiel de 1800 Km2 permettant de produire 7 à 8 milliards de Kwh/an d’énergie électrique à un cout relativement faible (environ 0,40 FCFA le Kwh).

Cette affaire fructueuse intéressait déjà plusieurs groupes d’origines Américaine, Allemande et Française parmi lesquels figurait entre autre les firmes : US Steel, Mobil et Pechiney qui envisageaient de transformer la bauxite de Guinée.

En effet, c’est la production de l’aluminium qui était à la base du dit projet économique far de la première République du Congo et, la production estimative initiale était évaluée à environ 300 000 tonnes, avec possibilité d’obtenir plusieurs dérivés comme tels que : le ferromanganèse, ferro-silicium, silicio-manganèse,, magnésium, carbure de silicium et phosphore pour former à la fois un complexe métallurgique et électrochimique (pate à papier, nitrate d’ammoniac, urée, phosphate d’ammoniac, chlore, soude, etc…), sur un investissement global d’environ 100 milliards pour la réalisation des travaux de construction du barrage et de l’ensemble électrométallurgique qui devait à terme créer plus de 5 000 emplois directes à Pointe-Noire et conduire à une extension considérable des installations du Port de Pointe-Noire, appelé à devenir avec le sud-Gabon le principal centre névralgique d’implantation du capital français et européen en Afrique.

Pour ce faire, le ministre français des travaux publics d’alors, M. Robert Buron affirmait en substance que :

« le Kouilou retient l’attention combinée de l’industrie de l’aluminium, de l’industrie des ferro-alliages, des industries de l’azote et du phosphore, et même dans une certaine mesure des industries nucléaires, puisqu’il n’est pas exclu que la séparation isotopique, à l’échelle européenne soit conduite à chercher une solution de son problème au Congo. »

Vue aériennes du site de Sounda sur le fleuve Kouilou-Niar

Pierre Bokanowski, représentant du gouvernement français, l’Abbé Fulbert Youlou, président de la République du Congo et Germain Bicoumat, ministre congolais des travaux publiques

De son coté, le ministre des travaux publics de la République du Congo, M. Germain BICOUMAT présentant officiellement le site de Sounda révélait entre autre que :

« la découverte du fabuleux site de Sounda remonte depuis les années 1887-1888 par un français, l’ingénieur hydrographe Jacob, au cours des recherches d’itinéraire de la voie-ferrée qui devait relier la cote à Brazzaville. Son étude prévoyait déjà l’établissement d’un barrage devant permettre la navigabilité du fleuve Kouilou.

En 1898, la mission Marchand fit des reconnaissances dans le même but et, en 1952, à la demande du Territoire du Moyen-Congo, un avant projet d’ouvrage hydroélectriques fut établit pour les besoins éventuels de Pointe-Noire.

En 1954, à la suite de l’avant projet EDF décida d’entreprendre l’étude d’un barrage susceptible de fournir la totalité d’énergie evaluée à environ 7 milliards de Kwh/an. A partir de 1957, la route Pointe-Noire/Sounda commence à être réalisée avec quelques travaux préparatoires exécutés sur le site conformément aux études de détails minutieusement élaborées par le laboratoire national de Chatou en France, où la délégation gouvernementale du Congo conduite par le Vice-président de la République, Stéphane TCHITCHELLE découvrait avec émerveillement en Octobre 1960, la maquette du barrage de Sounda fidèlement reproduite avec tout son environnement et l’eau qui bouillonnait jusqu’à la projection cinématographique développant la mise en place, si délicate du batardeau, premier élément de la voute provisoire de retenue d’eau ».

A ce moment, le Congo ayant accédé à la souveraineté, l’Assemblée Nationale légifèrera le 20 Décembre 1960 sur le caractère d’utilité publique des travaux préliminaires d’aménagement du site de Sounda confiés à un consortium Franco-Allemand dans lequel faisait parti la société Forges et Ateliers du Creusot (Usine Schneider) chargé de réaliser les travaux préliminaires d’aménagement et de construction du barrage démarré grâce a un premier financement de la France, interrompu après la révolution.

Les tentatives de relance de ce projet, sur montage financier Sud-Africain, préconisé en son temps par le gouvernement du Président Pascal LISSOUBA s’étant une fois de plus soldés par un échec en 1997, va-t-on enfin espérer voir un jour la réalisation de ce projet ambitieux, afin de pallier au déficit énergétique criard constaté au Congo et dans la sous région ?


Par Wilfrid SATHOUD

sathoudwilfrid@yahoo.fr

[Congo-Brazzaville] L'épopée du Barrage hydroélectrique de Sounda
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Wilfrid Sathoud - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT

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