Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 19:03
Willy Nguesso, vrai ou faux repenti ?

Par RIGOBERT OSSEBI

Le Pasteur Willy Nguesso

Willy NGuesso s’affiche dans une vidéo sur les réseaux sociaux et sur YouTube.

Miracle ? Le neveu, qui fut le préféré de l’oncle dictateur, serait-il sorti des ténèbres familiales pour trouver le chemin de la lumière auprès de l’Eglise Source d’eau vive ? On pourrait penser, tellement ses paroles et sa conviction sont fortes, qu’il est tombé sur la tête. Mais ne blasphémons pas, l’heureux, le bienheureux Willy NGuesso aurait eu la révélation de Dieu. Gloire à Dieu ! Hallelujah ! Le neveu aurait tourné le dos aux rites du Tonton-Démon de l’Alima et, pauvre pêcheur dit-il, il a rejoint le Seigneur ! Finis les gris-gris ! Finie la sorcellerie ! Finis les poudres d’ossements d’explorateur et les bouillons d’albinos ! Finis les messes noires et les rituels obscurs dont les parents l’avaient gavé depuis son plus jeune âge !

« Le Wilfrid Nguesso que vous connaissez aujourd’hui, c’est l’œuvre du Seigneur » s’exclame-t-il ! Et il continue : « C’est une personne totalement opposée à ce qu’elle était avant sa conversion ! »

Hallelujah ! Plus rien à voir avec le « gros mou de Willy », tel qu’il était surnommé à Pointe Noire à la fin des années 80 et avant que son oncle n’ait été destitué. Willy Nguesso avait débarqué à Pointe Noire auréolé d’une licence de pilote d’hélicos qu’il avait obtenue grâce aux amis pétroliers. Il abandonna vite cette profession pour tenter de se lancer dans les affaires. En ces années 1988-1989 l’argent était rare. Il loua des bureaux dans la Tour Mayombe avec pour associé Vincent Miclet, un jeune français avec lequel il avait, d’après l’hebdomadaire le Nouvel Observateur du 12 décembre 2013, monté une affaire d’importation d’huile et de tomates. Pour certains leurs activités tournaient davantage au racket des entreprises en place. Miclet servait à ce dernier d’associé et « d’homme de paille » comme Marc Emanuelli est utilisé par Edgar NGuesso pour gérer son pactole et ses affaires pétrolières avec GUNVOR ; à chacun « son petit français ! A la fin des années 90, il avait donné de la gâchette dans Bacongo, avec sa horde de Cobras. Il portait alors un chapeau de cow-boy (le même que son oncle porte à Oyo pour tomber de cheval) et des bottes texanes pour effaroucher les populations civiles, les vieilles mamans et les petites filles à défaut de vrais combattants. Cobras, Ninjas, pour ces derniers les massacres des populations civiles, alors, étaient comme un jeu de « cow-boys et d’indiens » ; les massacrés étaient forcément des « indiens » ! On peut faire le vœu, pour lui, qu’il était auprès de sa belle, Claudia Engonga à Libreville, le jour où au Beach les jeunes rapatriés « avaient disparu » !

Cette dernière, une métisse de père gabonais et de mère canadienne, était justement devenue son épouse le 5 avril 1999, dans une cérémonie fastueuse célébrée à l’hôtel Okoumé Palace de Libreville (au lieu de l’hôtel de ville) par l’ambassadeur du Congo au Gabon, M. Likibi. Aujourd’hui elle est le Pasteur Claudia NGuesso et c’est sûrement grâce à elle que Willy, ex-piranhas de l’Alima, se trouverait sur la voie de la rédemption.

Comme toute la famille NGuesso, à la chute du Tonton en 1992, il avait pris le chemin de l’exil chez le beau-frère Omar Bongo à Libreville. Il tenta de mettre en place son racket des droits maritimes. Tout était prêt, des bureaux luxueusement décorés mais au dernier moment Bongo se ravisa. Il lui a fallu attendre un peu de temps pour qu’il récupère à Pointe Noire, en 1998, la SOCOTRAM une structure qui avait été, avec celle de Trading and Shipping domiciliée au Liechtenstein, destinée à ponctionner l’économie congolaise. Aucune marchandise, même humanitaire, n’échappe à la taxe « Willy NGuesso ». Toutes les denrées exportées, pétrole, bois ; toutes les denrées importées depuis une quinzaine d’années, sans aucune contrepartie, sont venues enrichir l’époux du Pasteur. Chaque année, avec des bureaux à Paris, avenue de Marignan puis rue Marbeuf dans le 8ème arrondissement, près de 15 milliards de FCFA de taxes tombaient dans les poches du neveu. Et comme cela n’était pas suffisant, le généreux dictateur accordait des subventions au racketeur officiel et patenté de l’économie congolaise ; environ 5 à 6 milliards de FCFA chaque année.

Tout le monde a encore en mémoire l’article que le Canard Enchainé avait dédié à Willy NGuesso, le 16 mars 2005. La révélation de son train de vie somptueux l’avait contraint illico à quitter la France pour le Canada, patrie de son épouse Claudia. Il avait laissé la garde de ses biens parisiens à ses Cobras importés en France grâce à la bienveillance de l’ambassade de France à Brazzaville ; ni déclarés, ni payés, il ne pouvaient que se taire. Le Canada est devenu le siège social des affaires Willy et la nouvelle patrie de ses petites économies.

Alors se peut-il, que cet enfant gâté (dit-il par « Dieu ») au prix de la misère congolaise, ait changé ? 200 ou 300 milliards de FCFA d’épargne font de lui un petit malheureux par rapport aux autres enfants et neveux ! Est-ce que cette situation de dénuement familial l’a poussé à se rapprocher du Seigneur en plaidant qu’il n’était qu’un « pauvre NGuesso ! »

Il faut lui donner cette chance de se racheter ! Il faut l’encourager à demander le pardon pour le mal qu’il a pu faire ! Qu’il avoue tous les crimes petits et grands qu’il a pu commettre, et surtout qu’il rende l’argent ! Tout l’argent qu’il a volé ! Ce sera facile pour lui, car comme il le dit si bien dans la vidéo : « Une seule voie pour le salut : c’est le Christ ! Tout le reste, c’est du vent ! »

C’est alors que nous pourrons le croire !

Rigobert OSSEBI

Diffusé le 13 janvier 2014 , par www.congo-liberty.com

Article du Canard Enchainé

L’appartement d’un émule africain de Gaymard

Willy Nguesso, » le neveu de l’autre » et patron d’une société subventionnée par l’Etat, vit bien. Très bien même. Un vrai pacha, dans une famille qui a depuis longtemps réalisé le plein emploi. Rien à voir en tout cas avec les 75 % de Congolais qui croulent sous le poids de la vie. En témoigne cet article du » Canard Enchaîné » (16/3). Pauvres Congolais…

Ce n’est pas tout à fait du Gaymard, mais c’est presque aussi grand : un luxueux appartement de 550 m2 (dont 100 m2 de terrasse), à quelques encablures de l’Arc de Triomphe, abritant un haut personnage de l’Etat. A ceci près qu’il s’agit de l’Etat du Congo et que le propriétaire des lieux est le neveu et proche conseiller de son président, Denis Sassou Nguesso. Selon les chiffres des agences immobilières proches, le logement peut être évalué entre 2,5 et 3 millions d’euros [entre 1,6 à 1,9 milliard de F. CFA soit entre 3,2 à 3,9 millions de dollars Us, (...)].

Depuis que Wilfrid Nguesso et sa famille se sont installés dans cet immeuble cossu de Courbevoie, au pied de la Défense, les voisins ne s’ennuient pas : allées et venues d’ouvriers, percement de murs, vacarme d’outillages en tout genre, livraison de tapis, de bibelots, d’équipements électroniques, de hi-fi, de télés à écran plasma, de tonnes de marbre (destinées à recouvrir le sol), de boiseries précieuses, etc.

C’est que des travaux d’urgence s’imposaient : en prenant possession d’un étage entier, le neveu du président se retrouvait à la tête d’un modeste pied-à-terre comprenant 12 chambres, 7 cuisines et 9 salles de bains. Un dédale de pièces qu’il a bien fallu regrouper et embellir.

Amitiés pétrolières

Mesquins, les copropriétaires ont râlé. Beaucoup de ces aménagements se sont faits au mépris des règles en vigueur dans l’immeuble. De plus, les parties communes de l’étage sont désormais interdites aux habitants. Ces jaloux craignent aussi les risques de légionellose après l’installation, sans autorisation, d’une climatisation géante. Elle rejette sa vapeur dans la cour, où une halte-garderie s’est ouverte… Autre sujet de nervosité : la présence, la nuit, dans le parking, d’un vigile et de son molosse non muselé. Ils veillent sur la demi-douzaine de voitures de luxe garées là par le neveu Nguesso (Porsche, Mercedes, BMW, Jaguar, ainsi qu’une somptueuse Aston Martin DB9).

Si le propriétaire de ces bolides se montre courtois, voire avenant – contrairement à ses » collaborateurs » et gardes du corps -, il fait la sourde oreille face aux plaintes des voisins. Y compris celles des dormeurs réveillés par quelques fêtes nocturnes et tonitruantes. Quant à la police, elle avoue son impuissance : Nguesso bénéficie d’une protection digne d’un diplomate. Ce brave neveu n’a-t-il pas été, en juillet dernier, l’un des principaux organisateurs de la rencontre, à Paris, entre Chirac et Sassou Nguesso ? Lequel entretient des liens privilégiés avec le président français, comme en témoigne la récente affaire Ndengue. Le chef de la police congolaise, impliqué dans le massacre de 353 réfugiés, avait été arrêté, en avril 2004 à Paris, par un juge français. Mais, à la suite d’un coup de fil de Sassou à Chirac, Ndengue s’est vu libérer, en pleine nuit, après que des magistrats, tirés de leur lit, eurent conclu à l’ » immunité » de ce chef flic.

En outre, Wilfrid Nguesso joue un rôle important dans le business franco-congolais : il dirige la Société congolaise de transports maritimes, qui a pour partenaires le pétrolier Total ainsi que le groupe Bolloré et quelques autres.

Cela justifie un joli train de vie et certaines libertés prises avec la loi française. Pour un pays bien pourvu en or noir mais classé parmi les plus pauvres du monde (en termes de richesse par habitant) et où l’espérance de vie dépasse à peine 48 ans, la réussite de ce neveu du président est un puissant réconfort.

Jean-François Julliard

© Le Canard Enchainé du 16 mars 2005.

NDLR – Hervé Gaymard est l’ancien ministre français des Finances. Il a dû démissionner pour avoir occupé un logement de fonction de 600 m2 loué 14 000 euros aux frais de l’Etat.

Pour information une Aston Martin DB9 coûte près de 200 000 euros l’unité, soit plus de 130 millions de FCFA

Partager cet article

Rogobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville

Economie

Catégories