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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 18:58
Réaction de M. Clement Mierassa aux Voeux à la Nation de M. Sassou Nguesso, le 31 décembre 2013

REACTION DE CLEMENT MIERASSA

DU PRESIDENT DU PARTI SOCIAL DEMOCRATE CONGOLAIS (PSDC)

LE 1er JANVIER 2014 AU MESSAGE DE VOEUX DU

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les chevaliers de la plume;

Permettez-moi d'abord de vous présenter à vous, à tous les militants et sympathisants du Parti Social Démocrate Congolais, à tous les Congolais mes vœux surtout d'excellente santé, de bonheur, de prospérité de réussite pour la nouvelle année 2014.

Pour les Congolais, qui dans la grande majorité croupissent dans une misère indescriptible, je la souhaite bien meilleure que celle qui vient de s'achever.

Permettez-moi enfin d'avoir une pensée pieuse pour nos compatriotes morts, particulièrement ceux qui sont tombés en RCA, en mission de paix dans ce Pays de la sous-région qui connaît un drame inacceptable, à ceux des évènements des 15 et 16 novembre 2013, journées qui resteront inoubliables dans la mémoire collective des Congolais qui, ont une nouvelle fois, été traumatisés par une violence que l'on pensait à jamais révolue, à ceux victimes de l'injustice, des tortures et autres traitements dégradants et humiliants qui malheureusement existent encore dans notre pays.

L'année 2013 qui s'achève aura été très riche en évènements. En cela les Congolais attendaient avec impatience le Message de Fin d'année du Président de la République qui, à mon humble avis a déçu plus d'un Congolais. Ils n'hésitent pas à dire qu'il n'a rien dit. Le Président de la République n'a pas répondu aux attentes des Congolais. Il faut le dire il m'a beaucoup déçu. Cela n'est pas étonnant pour nous.

A 956 jours de la fin de son mandat, C'est un discours de fin de règne qui se caractérise par un manque de visibilité claire et surtout une absence de vision.

Nous y avons retenu que le Congo avance et qu'il est engagé dans le combat du développement, que l'échec du pouvoir en ce qui concerne le système éducatif est patent, que le Congo est riche et paradoxalement les Congolais sont pour la plupart extrêmement pauvres. Dans ce cas comment peut-on parler d'émergence dans un tel contexte quand, nous savons par exemple; au Nord de notre pays plus précisément dans la Likouala les Congolais se font soigner et envoient les enfants à l'école en RDC. Pour cette frange de la population l'émergence sera-t-il aussi en 2025?

L'émergence ne se décrète pas. C'est un processus de développement pour l'ensemble de la Nation et qui devrait aboutir à l'épanouissement pour tous.

Nous y avons également noté que le Gouvernement s'obstine à ne pas organiser des élections libres, démocratiques et transparentes; qu'il évoque toujours la question de la paix à sa manière alors que les Congolais savent que ce qui caractérise ce pouvoir c’est qu'il ne fait pas ce qu'il dit et ne dit pas ce qu'il fait.

Notre attention a été surtout retenue par le message de menaces, cette volonté de vouloir instaurer la démocratie de l'intimidation, approche qui est soutenue par le désir ardent que l'on a de sortir la force publique de sa neutralité.

Chers Compatriotes;

L'année 2013, disons nous a été très riche en événements. Ceux-ci ont révélé que le Congo allait mal, très mal. Evidemment, ce n'est pas le point de vue de tous les Congolais. Nous pouvons noter pour cela:

- Les acrobaties du procès du 4 mars 2012, dont les conséquences perturbent jusqu'à ce jour la vie des Congolais. Ce procès aura prouvé que la justice n'était pas indépendante et qu'elle subissait chaque jour les injonctions, les pressions et les ingérences du Gouvernement. Quel dommage, quelle tristesse!

Ce procès aura aussi montré qu'il existe dans notre pays de graves problèmes qui peuvent porter atteinte à la concorde et à l'unité nationales comme la détention illégale d'armes de guerre, la fausse monnaie, le manque d'attention à certains problèmes que le pays a connus, le non respect des lois et règlements de la République, etc...

- l'occupation d'une partie de notre territoire, situation qui est demeurée jusque-là inexpliquée par le Gouvernement devant le curieux silence de toutes les institutions de la République particulièrement le Parlement;

- les scandales qui touchent la famille dirigeante avec les affaires comme les biens mal acquis, les somptueux anniversaires, le shopping de la corruption dévoilée par Médiapart, les autres affaires à l'instar de celle dite des disparus du Beach, de l'incendie de la poudrière de Pointe-Noire et autres...

Sur tout cela, on a choisi la loi de l'omerta, le silence plongeant davantage le pays dans une ambiance malsaine fortement morose.

Il y'a aussi le retentissant et cuisant échec du recensement administratif spécial.

Quel dommage pour ce pays!

Chers Compatriotes ;

La déception des Congolais est au comble.

- Dit-on que le Congo avance. On se base semble-t-il sur l'élogieux taux de croissance qui n'améliore pas les conditions de vie des Congolais et ne permet pas surtout la création d'emplois pour les jeunes.

- Le Congo est classé parmi les pays à régime autoritaire, parmi les pays les plus corrompus du monde lorsque l'on sait qu'il n'y aura pas de développement s'il n'y a pas une lutte efficace contre la corruption.

- Oui, le Congo avance dit-on lorsque les Congolais se demandent: Où va l'argent du pétrole?

- Sur la condition du fonctionnaire Congolais, il faut relever la méchanceté et le manque d'amour du Gouvernement à l'égard de son peuple.

Comment peut-on expliquer que l'on n’ait pas pu relever la valeur du point d'indice à 300 dès le 1er

janvier 2014 alors que non seulement le Congo n'a jamais engrangé autant d'argent mais en plus, les budgets dégagent d'importants excédents. Ceux-ci sont de près de 3.000 milliards rien que pour 2008, 2010 et 2011.

On parle de réserves pour les générations futures et les générations actuelles, quelles solutions apporte-t-on à leurs problèmes dans un pays où les dirigeants sont parmi les mieux payés du monde.

Chers Compatriotes,

Les Congolais attendaient des réponses claires à des problèmes précis et biens connus. Ils attendaient que le Président leur dise qu'il exerce son deuxième, dernier et ultime mandat.

A ce propos, les internautes ont pu découvrir les supports vidéos d'une réunion du Président Sassou Nguesso avec les Sages de la Cuvette, rencontre au cours de laquelle, s'exprimant en mboshi, le Président de la République aurait déclaré ne pas être fatigué, que Dieu ne lui a pas encore demandé de s'asseoir et surtout que pour l'instant à ce poste de Président de la République, il n'y a personne capable de le remplacer.

Il a relevé avec force qu'à ce jour, cette personne n'existe pas.

Ce qui en termes clairs veut dire, j'ai accédé au pouvoir par la force, je n'entends pas le quitter et que je ne respecterai pas les lois et les règlements République. Je violerai la Constitution et s'il faut la changer de force, je la changerai et j'entends demeurer au pouvoir jusqu'à la fin de mes jours. Tout ceci sur quelle base?

Et pourtant à la question qui lui a été posée par Paris-Match de savoir :

"Vous venez de fêter vos 70 ans et avez passé vingt-huit ans au sommet de l'Etat. Envisagez-vous votre succession?"

Sa réponse a été que cette question n'est pas à l'ordre du jour. Curieuse réponse lorsque l'on sait que le Président Sassou Nguesso a prêté le serment par lequel il a juré solennellement de respecter et de défendre la Constitution du 20 janvier 2002.

On se rend bien compte que cette situation gêne le Président de la République. Nous dirons tout simplement aux Congolais que revenu au pouvoir par les armes en 1997, le Président Sassou a géré une transition de cinq ans , a fait adopter par 84,5% des congolais une Constitution taillée sur mesures.

Celle-ci dit clairement que le Président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois.

La Constitution ne peut pas être révisée en ce qui concerne le nombre de mandats.

Il y a la notion de la continuité de l'Etat. Avant le Président Sassou, il y a eu les Présidents Abbé Fulbert Youlou, Alphonse Masamba-Débat, Marien Ngouabi, Jacques Joachim Yomby- Opangault, Pascal Lissouba.

Nous sommes tous des mortels et personne ne devrait se considérer irremplaçable. Comme tel le Président Sassou n'est pas irremplaçable puisqu'il est un mortel comme nous tous.

Aujourd'hui la population congolaise peut être estimée à 4,5 millions d'habitants. 17% de celle-ci soit près de 760.000 habitants ont un âge compris entre 40 et 70 ans ; c'est à dire qu'ils peuvent prétendre à la magistrature suprême. Qui peut donc soutenir que parmi ces 760.000 compatriotes, les Congolais ne peuvent pas choisir un Congolais capable de diriger le pays ?

Il est possible que le RMP n'ait pas de candidat. En dehors de ce groupement politique on peut trouver un congolais capable de bien diriger notre pays.

Ceci doit être dit et doit être bien compris, Le Président Sassou exerce son deuxième et ultime mandat.

Devant la Cour Suprême en présence de l'Assemblée Nationale et du Sénat , il a prêté le serment dans lequel il a juré solennellement de respecter et de défendre la Constitution et la forme républicaine de l'Etat.

Les choses sont claires là-dessus et aujourd'hui 1er janvier 2014, il reste exactement 956 jours au Président Sassou Nguesso à la tête de l'Etat.

Faire autrement signifierait que l'on veut perturber la paix dans le pays et les Congolais sont fatigués des hommes politiques qui sont prêts à tout et même à les sacrifier pour leurs intérêts égoïstes et individuels.

Sur la question des élections, le pouvoir est gêné puisqu'il a conscience que le recensement administratif spécial qui devait dit-on permettre la détermination d 'un corps électoral fiable connaît un échec cuisant. Comme à son habitude, le Président Sassou Nguesso parle des élections locales et sénatoriales qui vont se dérouler dans la paix, la liberté et la transparence.

De quelle paix parle-t-on puisque le Président Sassou a lui même déclaré qu'il n'y a pas de paix sans justice et la justice congolaise est dans quelle situation?

De quelle Transparence parle-t-on lorsque l'on sait que le Gouvernement n'a jamais voulu expliquer lors des législatives de 2012 comment le député PCT de Mfilou avait eu 4.997 voix alors qu'il n'y avait que 2600 électeurs et comment à Madibou le corps électoral est passé de 7.706 électeurs au premier tour à 45.942, à Lumumba, de 34.974 au premier tour à 37.974 au second tour; à Gamboma II de 9.838 à 12.155 électeurs et autres.

Le principe choisi est simple:" le chien aboie, la caravane passe". On compte sur la force publique qui devrait être neutre pour faire peur, intimider et que vive le Congo.

Ceux qui se présentaient comme Partis de Concertation, qui n'aiment pas la soit disant politique de la chaise vide, ont voulu faire le Saint Thomas et ils on vu ce qu'ils ont vu. Il manque à certains le courage de faire des déclarations pour dénoncer cette vision de fraude, de tricherie mise en place par le pouvoir actuel. C'est dans ce cadre que nous sommes informés de ce que dans beaucoup de localités, des représentants de ces partis ont refusé de valider les listes du fameux Recensement Administratif Spécial (autrement RAS=Rien à signaler) tellement écœurés par les choses qu'ils ont vues.

Bref, le constat est désormais clair Brazzaville, Ewo et Dolisie n'ont été que des mascarades qui n'ont en rien fait avancer notre pays en matière d'organisation des élections.

Quant aux menaces proférées par le Chef de l'Etat à l'endroit des Congolais nous disons tout simplement:

- en violant quotidiennement la Constitution et en ne respectant pas les lois et règlements de la République le pouvoir menace la paix. On peut noter à cet effet que depuis 2002, aucun dirigeant de ce pays n'a déclaré ses biens conformément à l'article 48 de notre loi fondamentale. Et pour cause?

- qu'en mettant en place des systèmes mafieux de la gestion du pouvoir, d'organisation des élections et en refusant d'organiser des élections libres, démocratiques et transparentes, le pouvoir menace la paix dont il a fait son crédo;

- en faisant du deux poids deux mesures sur des aspects comme la constitution des milices, la détention illégale d'armes de guerre et autres, le pouvoir menace la paix ;

- en mettant en place un système qui affaiblit les Institutions, le pouvoir menace la paix; etc...

- dans un pays qui se dit démocratique, les libertés individuelles et collectives doivent être respectées.

Ces menaces doivent au contraire permettre aux Congolais de sortir de la peur.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les chevaliers de la plume ;

Comme vous le voyez, beaucoup de défis nous attendent en 2014. Il est bon que nous continuons à l réclamer, à exiger et à obtenir la tenue et l'organisation d'un dialogue national qui permettra aux Congolais de se réconcilier. Cette rencontre devra également permettre de baliser la voie pour la tenue des élections libres démocratiques et transparentes dans le pays.

Dans ce cadre, un Recensement Général de la Population et de l'habitat doit être organisé en 2014.

Un chronogramme clair des opérations préélectorales et électorales doit être mis au point.

Sur le front social, le Gouvernement doit prendre les dispositions pour que la valeur du point d'indice passe à 300 pour tous les fonctionnaires à compter du 1er janvier 2014. Il en a les moyens. Je dirais mieux les richesses du Congo sont des biens communs à tous les Congolais.

Les Congolais ont découvert la réalité: le Président Sassou Nguesso veut s'accrocher au pouvoir et rester par la force. Nous autres, nous avons choisi la voie démocratique, la non-violence et nous croyons au respect des lois et règlements de la République.

Sortons de la peur, dénonçons avec force la volonté d'instaurer la démocratie de l'intimidation que d'aucuns ont déjà qualifié de gouvernance à la mitraillette.

Sachons le, disons le, répétons le que le Président Sassou exerce son deuxième, dernier et ultime mandat. Aujourd'hui, il reste exactement 956 jours à la tête de l'Etat.

Les Congolais veulent de la paix, de la vraie paix. Ils aspirent à la paix. Cela passe pour le Président de la République par le respect des lois et règlements de la République et particulièrement la Constitution sur laquelle il a prêté serment.

Préparons dès à présent une excellente sortie au Président Sassou en 2016.Fédérons nos énergies pour vivre ensemble et dans la joie cet événement historique.

Sur ce, je vous souhaite à vous tous une Bonne et Heureuse Année 2014.

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Clément Mierassa - dans Congo-Brazzaville

Economie

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