Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 12:12
Congo-Brazzaville : Les menaces à peine voilées de Willy Matsanga

Congo-Brazzaville : Les menaces à peine voilées de Willy Matsanga

lundi 30 mai 2011

  • L’honorable Willy Matsanga

De l'eau dans le gaz

Manifestement, puissant bras armé du chemin d’avenir, Willy Matsange est en train d’échapper au contrôle radar de Mpila. Ses récents propos médiatiques constituent une menace à peine voilée dirigée contre ses amis d’Oyo. Il y a comme de l’eau dans le gaz. Pour comprendre cette déclaration de guerre, il est intéressant de lire le remarquable éclairage fait par Ernest Otouang, l’intervieweur de l’honorable Anicet Pandou dit Willy Matsanga du journal Le Patriote (voir site le blog d’Eric Mampouya) dans l’appendice (Flash-Back : Juillet 2002 Au cœur de la reprise des conflits ) où une relation de cause à effet existe entre les « sorties oratoires » des seigneurs de guerre et la dégradation du climat social au Congo.

Un homme révolté

Menée de main de maître, l’interview a mis en lumière une personnalité d’un Willy Matsanga fort préoccupante, tenant des propos lourds de significations et qui lui donnent un profil correspondant à ce qu’Albert Camus appelle un « homme révolté ».

J’ai honte

Le bonhomme Matsanga avoue « sa honte » face à la boulimie de ses pairs. On pourrait avoir la larme à l’œil si on ne connaissait pas la nature carnassière du personnage. En effet, quand on sait le terrible rôle joué par ce guerrier durant les conflits, sa réponse à la question « regrettez-vous la guerre » donne un coup fatal à la nouvelle image qu’il veut se donner de lui-même et, de toute façon, cette réponse ne présage rien de bon sur la nature de la situation politique dans les jours à venir. Voici son opinion : « La guerre est passée, mais que sont devenus les vrais guerriers ? Aucun d’entre eux n’est heureux. Alors que ceux qui n’ont rien fait sont devenus des colonels et des généraux. » A bon entendeur, salut.

Qui ne sait de quoi sont capables des soldats frustrés ? Récemment, au Burkina Faso, les militaires pourtant partisans de Blaise Campaoré ont fait le coup de feu pour une question de solde impayée ; en Côte d’Ivoire, il a fallu la main de fer de Guillaume Soro pour mettre hors d’état de nuire Ibrahim Coulibali, une espèce de Willy Matsanga local assorti d’un Frédéric Bitsangou dit Ntoumi.

Chaque fois que, Anicet Pandou, ancien pistoléro, s’est senti frustré, l’odeur de poudre s’est fait sentir au Congo. Qu’on se souvienne seulement de son passage à l’ennemi en 1997 lorsque Bernard Kolélas le déçut en se ralliant à Lissouba. « Dès lors, Willy Matsanga et son écurie de Ninja rejoignirent les milices "Cobra" et combattirent aux côtés de Sassou Nguesso. La rumeur prétend que le président actuel lui doit sa victoire. À la fin des affrontements, Willy Matsanga se retrouva conseiller du ministre de l’Intérieur. »

L’Etat de non-droit qui caractérise ce riche pays pétrolier n’est pas étranger aux volte-face de l’inénarrable député de Makélékélé. De toute façon ce n’est pas le durcissement actuel d’un régime refusant toute forme de négociation qui pourrait favoriser un climat de paix au moment où s’annoncent des « législatives » en 2012. Celles-ci fussent-elles fantasmatiques, vont pousser chaque camp à fourbir ses armes.

Négociations et théorie

Ces temps-ci, on parle de négociations que seraient en train de mener l’opposition pour participer à ladite bataille des législatives. Il faut être borné pour penser un seul instant que le régime de Sassou envisage négocier quoique ce soit avec qui que ce soit. « Les dictateurs solidement retranchés et en position de sécurité peuvent n’avoir aucune envie de négocier avec leur opposition démocratique… » (Gene Sharp (De la dictature à la démocratie : les dangers de la négociation)

Le Congo de Sassou correspond à la situation décrite par ce théoricien : « Les individus ou les groupes qui s’opposent aux dictatures ont souvent de bonnes raisons de vouloir négocier… Des négociations sont particulièrement susceptibles d’être envisagées par les démocrates quand le dictateur à une nette supériorité militaire et que les destructions et les pertes humaines atteignent un niveau insupportable pour le peuple »

Pour ce qui est de la « supériorité militaire » Sassou en a à revendre. Investissant lourdement sans compter dans des dépenses de guerre, l’homme fort de Brazzaville doit rire sous cape lorsque les Clément Mierassa et autres membres de l’opposition congolaise veulent en quelque sorte fumer le calumet de la paix en participant au jeu politique envisagé en 2012. Dans tous les cas, l’inverse n’est qu’également marché de dupes : « Une offre de "paix" négociée adressée par une dictature à son opposition démocratique n’est bien sûr pas dénuée d’arrière-pensées » dit Gene Sharp. La pensée sous-jacente dans la tête de Sassou est, bien entendue, de faire taire toute velléité contestataire à coups d’espèces sonnantes et trébuchante comme il a pu le faire ce mois-ci à Pointe-Noire où la grogne sociale s’est faite entendre dans le milieu pétrolier (cf. Mwinda). « Lorsque la dictature est forte mais qu’il existe une résistance gênante (poursuit Gene Sharp) le dictateur souhaite parfois négocier pour soumettre l’opposition sous prétexte de "faire la paix". L’appel à la négociation peut séduire, mais il est fort possible que celle-ci cache de graves dangers. »

Pour l’instant Sassou est loin de faire face à une « résistance gênante. » donc, point de péril en la demeure pour l’opposition.

Le scénario le plus pertinent pour notre pays est le suivant : « Dans ce type de conflit, la seule négociation envisageable est celle qui se tient à la fin d’une lutte décisive, lorsque le dictateur est aux abois et qu’il cherche un couloir de sécurité pour se rendre à un aéroport international. » (ibidem Gene Sharp)

En attendant cette hypothèse salvatrice, il faut espérer que le fruit pourrisse. Le coup de gueule de Willy Matsanga ressemble fort à un ver en train de ronger le fruit de l’intérieur. Il serait, par conséquent, imprudent de considérer l’interview de Willy Matsanga comme simple délire de plus dans les rangs d’une clientèle politique Sassouiste dont la frénésie dans le « boukoutage » dépasse l’entendement.

Un milicien rôdé dans les exécutions sommaires

« Ancien enfant de troupe, je suis passé par l’école militaire de Belard en Afrique du sud où je suis sorti avec un diplôme de spécialiste en combat de ville. »

Au Jugement Dernier, ça c’est sûr, une foule de Congolais que Matsanga a expédiés dans l’au-delà pourront témoigner de la manière dont il a utilisé les techniques de tueries apprises au pays de Mandela.

Réputé féroce et impitoyable, Willy Matsanga, formé donc à la guérilla urbaine en Afrique du Sud, s’emploie désormais à se forger une image d’enfant de chœur et de philanthrope dans l’entretien accordé au Patriote, poussant la mansuétude jusqu’à faire désormais l’aumône aux miséreux qui chaque matin font le pied de grue à son domicile. « Je suis envahi chaque matin par près de 30 personnes. Ce qui me contraint à dépenser en moyenne 200.000 F.CFA rien que pour eux. »

Encore un effort, tu nous feras pleurer... En dépit de cette volonté de changement de nature on note des stigmates de violence qui remontent à la surface du discours, notamment quand il s’en prend violemment à un de ses chefs, président de l’Assemblée : « Quelles représailles pour quelle immiscions ? Le président Koumba n’a aucun droit sur moi. Ce n’est pas lui mon électeur. C’est un collègue député. Demander la transparence dans une institution qui contrôle l’action des autres ce n’est pas une attaque personnelle. Je vous dis j’en ai marre. »

Chassez le naturel, il revient au galop.

Pour Herbert Massamba, c’était lui

Point n’est besoin d’être clerc pour comprendre qu’un guerrier ne se transforme pas en un pacifiste de but en blanc, qu’un tigre ne se métamorphose pas en chat du jour au lendemain. Qui a bu, boira. Qui a tué, tuera. Fut-il désormais, selon ses propres termes, habité par le sentiment de honte face aux dérives de ses collègues du chemin d’avenir, il serait naïf de s’attendre à une transfiguration subite du tueur d’Herbert Massamba et de centaines d’anonymes tombés sur le champ de la violence souvent pour des raisons arbitraires. Ajoutons au passage que les « chefs d’écurie » comme (le déjà nommé) Willy Matsanga, Vital, Laskipic, Ntoumi avaient en leur possession des armes de guerre sur le compte desquelles Michel Ngakala se serait fait du beurre lorsqu’une mission de l’ONU finança leur ramassage moyennant l’intégration des ex-miliciens dans des projets de développement. Michel Ngakala, ayant pour patron Sassou, autant dire que ce dernier n’a jamais milité pour la paix au Congo. Ngakala s’enrichit sur le dos des morts dans le Pool, Sassou augmenta son pourcentage de chances de demeurer à vie au pouvoir grâce à sa politique de terre brûlée dans cette région.

Willy Matsanga ne veut plus être député quand bien-même, se vante-t-il, il est assuré d’être élu s’il postule en 2012. Que masque ce projet ?

La question est celle-ci : malgré son inféodation indéfectible à Denis Sassou Nguesso ( tout le monde en prend pour son grade sauf lui) que fomente Willy Matsanga ? Ou plutôt quelle main noire voudrait encore manipuler ce va-t-en-guerre capable de massacrer dans ses propres rangs pour plaire au plus offrant ? Car comme tout « saigneur » de guerre, Willy a besoin de pognon. Qui donc lui offre mieux que ses indemnités parlementaires ?

Source : http://www.congopage.com/Les-menaces-a-peine-voilees-de

Partager cet article

Economie

Catégories