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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 20:02
[Congo-Brazzaville] Sassou joue de l'humiliation et l'intimidation avec Ntsourou

L’Histoire politique du Congo-Brazzaville, depuis l’indépendance, est marquée du sceau de la violence. Et, dans cette violence qui est allée crescendo, un homme est toujours en embuscade : Denis Sassou Nguesso. Plusieurs hommes politiques ont été victimes de cette violence avec en prime l’ultime humiliation. Kinganga Siroco, Ange Diawara, Ikoko, Olouka, Pierre Anga, Marien Ngouabi, Cardinal Emile Biayenda, Kikadidi, Alphonse Massamba Débat... Le dernier à subir les affres de cette violence dont, il a été l’une des chevilles ouvrières, à un moment donné de l’Histoire du Congo-Brazzaville, est le colonel téké Marcel Ntsourou.

Ntsourou arrêté, Ntsourou humilié

Pour le colonel téké Marcel Ntsourou, le répit aura été de courte durée. Le 16 décembre 2013 au matin, Denis Sassou Nguesso s’est délesté de son uniforme d’homme de paix et de négociateur des crises en Afrique centrale. En plein centre-ville de la capitale du Congo-Brazzaville, une démonstration de force a été ordonnée par Sassou-Nguesso contre un homme tombé en disgrâce et qui réclamait à cor et cri le grade de général. Marcel Ntsourou avait personnifié et personnalisé son différend avec Sassou Nguesso. Marcel Ntsourou n’avait pas de discours politique élaboré. Toutes ses interventions sur les médias étaient axées autour de sa personne, de sa souffrance et de sa marginalisation. Dès lors, les populations du Congo-Brazzaville ne se sentaient nullement concernées par le conflit qui l’opposait à ses anciens amis d’armes. En outre, les populations du Congo-Brazzaville n’ont pas une petite cervelle. Elles ont en mémoire les massacres de la région du Pool, des pays du Niari et les Disparus du Beach dont le colonel Marcel Ntsourou a été l’un des plus ardents artisans. Dès la fin des cérémonies des funérailles de Nelson Mandela, Denis Sassou NGuesso s’est débarrassé définitivement de son déguisement, encombrant, de pacifiste qu’il n’a jamais été. Sous son vrai visage, celui du doublement putschiste, celui du déclencheur de guerres civiles, d’attentats et assassinats en tous genres, il décida d’employer la manière forte contre Marcel Ntsourou. Tirs à l’arme lourde, survol de la capitale du prétendu-futur-pays-émergent par des hélicoptères de combat pilotés par des ukrainiens, la poudre servie par des mercenaires rwandais déguisés en soldats de l’armée congolaise ; le sang congolais pouvait couler en abondance : près d’une centaine de morts selon des sources qui ont requis l’anonymat, sans compter les blessés (Congo-liberty.com, 18 décembre 2013).

Com a outrance

Marcel Ntsourou qui a usé et abusé des medias au point de dévoiler sa stratégie à l’ennemi et adversaire, n’a eu la vie sauve que grâce à son intervention sur les ondes de RFI. La communauté internationale ayant été informée à temps, le clan au pouvoir aura été contrarié dans sa stratégie d’élimination de Marcel Ntsourou. Car, les consignes étaient claires : faire taire définitivement le colonel téké Marcel Ntsourou qui commençait à avoir la langue fourchue. D’où l’humiliation faite à ce colonel récalcitrant et téméraire dont les images, menottes aux poignets, ont tourné en boucle sur Télé Congo. Et, pour couronner le tout, le colonel Marcel Ntsourou, les mains liées, a été exhibé comme un trophée dans la cellule de la DGST (Mwinda.org, 18 décembre 2013).

L’illusion de la force

Les casernes militaires du Congo-Brazzaville et la proximité avec Sassou Nguesso permettent-ils des miracles et des régénérescences aussi spectaculaires que les plus mystérieuses métamorphoses cachées dans la nature ? Le comportement des hommes en uniformes proches du pouvoir donnent le sentiment de toute-puissance. L’arrogance de Ntsourou hier et aujourd’hui de Ndéngué, Obara, Obbouéndé, Oko Ngakala, Nianga Mbouala en est la parfaite illustration. D’autres encore avant eux ont affiché le même sentiment d’impunité avant de tomber dans l’anonymat (Mayoulou, Ibala, Nguembo, Mbengo, Mbaou…). Le colonel Marcel Ntsourou s’est-il crû être cette chenille qui se fait oublier dans sa chrysalide et, un beau jour devenu papillon, surprend tout le monde par son envergure et l’éclat de ses pigments. La caricature peut aussi être quasi mortelle quand la victime s’y conforme. Elle devient elle-même caricaturale. Ce qui a fini à arriver au colonel téké Marcel Ntsourou, affublé à tort d’un costume de super héros.

Message Sassou Nguesso a adressé à la classe politique du Congo-Brazzaville, en tonnant le feu et la foudre, un message on ne peut plus clair : « j’y suis, j’y reste ». Et, même au-delà de 2016. A ceux qui lorgnent le fauteuil de Sassou-Nguessso, leur sort est connu. Le message est passé 5/5. Aucun homme politique, de l’opposition comme de la majorité, n’a osé lever le petit doigt. Seul, Ambroise Malonga s’est exprimé en qualité d’avocat de Marcel Ntsourou. Les déclarations de Dzon, Okombi Salissa, Miérassa, Kinfoussia, Tamba Tamba, Moukouéké, Massengo Tiassé se font attendre. Ils rasent les murs. Les populations du Congo-Brazzaville son traumatisées par la brutalité et la violence de l’attaque du domicile du colonel Marcel Ntsourou. La disproportion des moyens utilisés (blindés, hélicoptères de combat) pour l’interpellation d’un homme, fut-il armé et entouré d’un carré d’irréductibles, a pétrifié les populations et les observateurs politiques. Dans ce contexte et ce climat de terreur, quel homme politique du Congo-Brazzaville pourrait mobiliser les populations contre le régime de Sassou Nguesso ?

Enfin l’enseignement qu’on peut tirer de ce duel est que si Ntsourou a perdu la bataille militaire, Sassou n’a pas gagné la bataille médiatique. Son image de médiateur et de sage a volé en éclats. Que les partisans de Sassou ne s’avisent pas de « rouler les mécaniques ». En définitive, les deux bouchers ont joué à « qui perd gagne » ou à « qui gagne perd », c’est selon.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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Benjamin Bilombot-Bitadys - dans Congo-Brazzaville

Economie

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