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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 11:04
(Congo-Brazzaville) Pourquoi l’affaire des Biens Mal Acquis met Sassou NGuesso hors de lui ?

Par RIGOBERT OSSEBI

Libération, le 16 décembre 2013, avait sorti 4 pages exceptionnelles sur l’affaire des Biens Mal Acquis et sur le Congo, dans la ligne de mire des juges français. Une série d’articles dont la publication était programmée pour le Sommet de l’Elysée mais, du fait de la mort de Nelson Mandela, il a fallu attendre une dizaine de jours pour la lire.

Cependant, Denis Sassou NGuesso en avait été informé, ce qui le poussa à écourter son séjour parisien et à renoncer à une émission de télévision, le dimanche 8 décembre avec RFI sur TV5. Depuis, le président congolais n’a pas décoléré de n’avoir obtenu satisfaction, auprès de François Hollande, pour la suspension des enquêtes et des poursuites dans les affaires citées plus haut. Dans une interview reprise par Reuters et publiée par Zonebourse, il s’en est même pris à Laurent Fabius et à son fils Thomas . Il ne risque pas de voir de sitôt Yamina Benguigui à Brazzaville ! (http://tinyurl.com/mjqqyj3 )

La dureté de la réaction de l’ex-homme de la paix à l’encontre du Colonel Ntsourou est-elle imputable à la détérioration de la relation du dictateur congolais avec la France, maintenant socialiste et à cette affaire des BMA ? Sûrement !

L’orgueilleux président sent qu’il n’a plus rien à perdre et il lui faut montrer qu’il est prêt à garder, à tout prix, son pouvoir. L’assaut brutal du même 16 décembre en a été une évidente démonstration.

L’autocrate de l’Alima a bien compris que les filets d’une coopération judiciaire internationale se resserrent sur lui et sur les siens. Libération en dit trop, malheureusement beaucoup trop pour que tout le monde comprenne. Les enquêteurs ont mis des mois et des années afin d’établir les faits ; les journalistes et les lecteurs n’ont pas tout ce temps pour une bonne lecture et une bonne compréhension.

Un petit exemple, l’on peut lire à la page 4 de ce numéro de Libération : « Près de 1million d’euros ont aussi été virés à la Réserve, une entreprise de location d’appartement de grand luxe dans la capitale. » Qui sait, qui a compris à quoi ce million d’euros correspond ?

Alors qu’au Congo, des jeunes, des vieux mouraient faute de soin, dans le meilleur quartier de la capitale française, au Trocadéro, face à la Tour Eiffel, Edgard NGuesso louait ( et loue ?) à l’année un appartement à la Réserve, 2 avenue d’Eylau 75016 Paris, un palace résidence-hôtel 5 étoiles*****.

Le prix oscille autour de 11.000 euros la nuit soit 7,5 millions de Fcfa. Le virement de 665 millions de Fcfa correspondait à seulement quelques mois de location de son appartement. Cette location était facturée même lorsque le neveu du président longtemps marxiste (qui n’a jamais renoncé à ses idéaux – interview Paris Match) était absent de Paris. Pour cette modeste somme, Edgar NGuesso pouvait laisser ses véhicules dans le garage de l’hôtel, une Ferrari, une Maybach et une Aston Martin.

On comprend maintenant aisément pourquoi Denis Sassou NGuesso veut que cette enquête s’arrête ! Cette petite ligne, que seuls quelques rares initiés pouvaient comprendre, témoigne à elle seule que les Congolais, qui sont dans la souffrance, ne sont pas maltraités mais persécutés par une famille de pillards sans foi ni loi et qu’il faudra bien une justice, peu importe où elle se trouve, pour les juger tous !

EDGAR NGUESSO

A l’Ecole des Cadets, rien ne distinguait Edgar NGuesso de ses camarades de promotion. Il se contentait comme les autres, bien souvent, de l’ordinaire et se régalait de sa ration de riz à la sardine à l’huile. Il fut quasiment le seul de la famille à avoir fait le coup de feu durant la guerre civile déclenchée par son oncle le 5 juin 1997. Ses frères et cousins avaient pris leurs distances avec l’ex-président qui s’était enfoncé dans la dépression, avenue Rapp à Paris, avant de regagner Brazzaville. Il fut alors, à la fin de cette guerre, le premier à être récompensé en obtenant la gestion du Domaine Présidentiel, quasi siège social de l’entreprise de pillage familial.

Quiconque avait connu le personnage avant cette promotion ne pourrait jamais croire à la folle dérive de l’aspirant. Très vite, son appétit de la sape fut assouvi ; les plus belles chaussures sur-mesure à ses pieds en provenance des plus grands bottiers européens. Une paire de chaussures à 10 ou 15 millions de francs CFA (15.000€ à 30.000€) ne l’effrayait en aucun cas. Il les achetait par collections entières lorsque le Trésor n’avait pas d’argent pour soigner des enfants malades ou aveugles. Pareil pour les costumes et pour les voitures.

Les Congolais réduits à la mendicité à Pointe-Noire

« Je suis tellement riche que je ne peux même pas compter mes milliards ! » aimait à se vanter, auprès de ses anciens camarades, Edgar NGuesso. Effectivement, il en avait tellement qu’il valait mieux les cacher. Les villas par dizaines qu’il compte à Pointe Noire, toutes louées à des pétroliers ainsi que ses affaires de locations de voitures sont gérées par un Français, Marc E., au très fort accent marseillais. Le responsable du Domaine Présidentiel, Edgar NGuesso, l’avait aussi imposé comme Directeur à la tête de la société russe GUNVOR au Congo afin de mieux détourner les cargaisons de souveraineté (quantité de pétrole hors comptabilité offerte à la Présidence). Chaque cargaison tourne autour de 100 millions de dollars soit 50 milliards de Fcfa !

Aujourd’hui tout ce beau monde voyage en jets-privés. A Maya-Maya, Edgar en aurait toujours deux prêts à décoller, avec son homme de paille-tirelire, au cas où le vent se mettrait soudain à mal tourner !

Par Rigobert OSSEBI

(Congo-Brazzaville) Pourquoi l’affaire des Biens Mal Acquis met Sassou NGuesso hors de lui ?

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville

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