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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 10:33
Congo-Brazzaville : Les nordistes sont-ils plus tribalistes que les sudistes ?

LES NORDISTES SONT-ILS PLUS TRIBALISTES QUE LES SUDISTES ? Par Mingwa mia Biango

Nier le tribalisme et son instrumentalisation par les hommes politiques congolais serait, au mieux de l’angélisme, au pire de la folie. Au moment où le vieux dictateur Sassou Nguesso a érigé avec méthode le tribalisme comme l’un des éléments fondamental de sa tyrannie, la tentation primaire de tout être humain normalement constitué serait de répondre avec les mêmes armes au cynisme du tyran de Brazzaville.

Pour ma part, je constate malheureusement que le clivage ethnique dans notre pays comme dans nos différentes diasporas à travers le monde, a probablement atteint son paroxysme !

Ainsi me suis-je posé la question de savoir : Les populations du Nord « abusivement groupe Mbochis »sont elles plus tribalistes que celles du Sud « abusivement groupe Kongo » ?

Le débat ambiant de ce que certains appellent « la mbochisation » du pouvoir ne date pas d’aujourd’hui. La période pré-conférence nationale n’y avait pas échappé non plus. Peut être, atténuée par le leader de l’unique centrale syndicale Bokamba Yangouma, et le Chef d’état major général Jean Marie Michel Mokoko, qui donnèrent le coup de grâce au parti unique, bien qu’étant tous les deux encore membres du bureau politique du parti-état en 1990, et originaires de la même région que le dictateur de l’époque Sassou Nguesso. Je vous l’accorde, ces exemples ne suffisent pas à démontrer que tout le monde il beau, tout le monde il est gentil.

En revanche, avec l’avènement du mouvement démocratique, un événement inattendu fit irruption dans le débat national, celui de la cuvette-ouest, dont les ressortissants finir par demander et obtenir en 1993 l’autonomie administrative par rapport à la cuvette centrale.

Du jour au lendemain, l’idée d’un pouvoir de la cuvette, de 1968 à 1992 ( Ngouabi-Yhombi-Sassou) , au service exclusif de ses ressortissants fut battu en brèche, et les populations de cette partie de la cuvette, le fit savoir dans les urnes en votant massivement contre l’ancien parti unique, le PCT de Sassou Nguesso, censé représenter leurs intérêts. L’UPADS de Pascal Lissouba y remportait des sièges de parlementaires dans les régions nord de la Cuvette, la Sangha et la Likouala.

L’autre fait historique qui continue d’interroger ma conscience sont les événements tragiques d’Ikongono (département de la cuvette) qui se soldèrent par la traque et l’assassinat du Capitaine Pierre Anga en 1988, avec l’appui des parachutistes français stationnés au Gabon, et aéroportés à Ikongono dans un Transall français.

De cette tragédie, il faudra retenir que Sassou Nguesso pour son pouvoir, n’hésita pas à massacrer les populations de cette contrée, donc de sa propre région, pour extorquer des informations sur le fugitif. On parle au moins d’une centaine de morts à l’époque, ce qui était considérable !

Si demain les populations de Boundji ou de Betou se soulèvent contre la tyrannie de Sassou Nguesso, il écrasera dans le sang ces populations comme il l’a fait dans les régions du Pool et des pays du Niari.

Normalement, nous n’avons même pas besoin d’aller chercher tous ces exemples pour étayer le propos de l’instrumentalisation de l’ethnie par les politiques. Il suffit de regarder dans nos quartiers populaires, dans notre voisinage immédiat, pour constater qu’ils ne sont pas si nombreux, les soutiens, d’André Milongo pendant la transition, du Président Pascal Lissouba (1992-1997), ou de Sassou Nguesso (1997 à nos jours), qui ont vu leur statut social radicalement changé !

Dans nos quartiers c’est indéniable, nous vivons tous dans la même misère, et la même galère !

Nos frères du Nord ne sont pas plus tribalistes ou ethno-centristes que nous qui sommes du Sud du pays. Il ne suffit pas d’appartenir à une communauté pour être bon ou mauvais . Dans cette optique, les frères Kongo du Pool et du grand Niari ne se seraient pas massacrés en 1993. Le simple fait d’y penser créditerait la thèse de race ou ethnie supérieure et inférieure !

Nous sommes majoritairement tous tribalistes car ayant voté aux élections de 1992 pour des candidats de nos régions, ou ayant fait alliance avec notre champion politique. Les prémisses de la démocratie pouvaient expliquer nos orientations politico-tribales d’hier. Mais, nous devons dépasser ces instincts primaires aujourd’hui.

Fils de Mouyondzi (sud du Congo) , je voterai plus volontiers pour le profil d’éthique, de probité et d’expérience de l’ancien ministre des finances Ebouka babakas (Likouala) que celui de l’ancien ministre de l’intérieur Mberi Martin (Mouyondzi). Mais j’aurais voté André Milongo (Pool) au détriment de Ambroise Noumazalay(Likouala), et pourquoi pas quelqu’un de ma localité s’il était à la hauteur ?

Depuis quelques années, ce qui n’était pas le cas à la fin de la 2e guerre mondiale, les vainqueurs c’est à dire les alliés, n’associent plus les Allemands aux crimes hitlériens et nazis.

Ne confondons donc pas les crimes de Sassou Nguesso, qui ne sont pas ceux de son ethnie (les Mbochis), qui profite encore moins des privilèges de son clan et de sa clientèle qui comportent les ressortissants de toutes les régions du pays.

Gardons-nous de tout amalgame, et attelons-nous à lutter contre les démons de la division car c’est tous ensemble « Mbochis, Laris, Mbetis, Bembes, Tékés, Vilis, Kunis, Bomitabas, Kouyous… » que nous chasserons Sassou Nguesso et son clan de notre beau pays.

Mais que les congolais se rassurent, nous excellons dans l’invention d’adjectifs afférant au tribalisme d’Etat supposé , mais jamais dans la proposition de solution à ce fléau. Ainsi pendant la transition, la presse hostile à Milongo faisait ses unes sur la POOLISATION du pouvoir, et de NIBOLEKISATION sous Lissouba.

Pour notre part, nous présenterons nos propositions au Peuple Congolais très prochainement car pour le moment, la priorité c’est chasser Sassou Nguesso du pouvoir, et restaurer la démocratie sur des bases saines dans notre pays. Ce qui nous permettra ensuite avec d’autres patriotes de concourir démocratiquement au suffrage universel de nos concitoyens, pour conduire le changement, et jeter les bases du développement du Congo-Brazzaville.

Par Mingwa mia Biango

minguabiango@gmail.com

Cercle de réflexion pour des idées nouvelles

(Extrait de www.congo-liberty.com)

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