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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:38
DANS LES COULISSES DU POUVOIR DE SASSOU NGUESSO »achats compulsifs et conspiration ! » (volet n°2).

Par Rigobert Ossebi

L’interpellation du ministre Pierre Oba et la perquisition à son domicile de Sartrouville ont suscité une incroyable colère de l’autocrate congolais, Denis Sassou NGuesso. Elle n’était pas retombée qu’elle explosa de plus belle, le 11 octobre 2013, lorsque Médiapart publia, de Fabrice Arfi, l’article « A Paris, le shopping de la corruption du clan Sassou NGuesso »

Il commençait ainsi « C’est une promenade policière dans le Paris du luxe qui donne la nausée ».

Il ne saurait en être autrement à la lecture de la folie dépensière et des excès de la famille qui s’est accaparée, pour son usage et son profit personnels, toutes les richesses du Congo.

Aussi clair et « incomplet » que puisse être l’article de Fabrice Arfi, il mérite néanmoins des précisions et un décryptage.

Denis Christel ne lave pas ses chemises

Il n’y a pas là une allusion quelconque à l’hygiène vestimentaire du roi du pétrole congolais.

Halary, situé au 15 avenue Victor Hugo à Paris, a longtemps fabriqué les chemises sur-mesure, très haut de gamme, de Denis Christel Sassou NGuesso. De 500 à près de 1000 euros (300.000 à 600 000 FCFA) la chemise….

Mensuellement, le responsable de l’aval pétrolier se retrouvait avec des factures de 70.000 euros. Ainsi, il pouvait changer de chemise trois fois par jour. La chemise n’était jamais portée qu’une seule fois. « Pourquoi s’encombrer avec du linge sale lorsqu’il est si facile de commander des chemises neuves à près de 1000 euros la pièce et de les jeter comme un kleenex usagé, une fois qu’elles ont été portées… ! » aimait à commenter un de ses proches… ! Un million cinq cent mille francs CFA de chemises sur-mesure jetés à la poubelle chaque jour ! Quarante millions de francs CFA de chemises par mois pour Monsieur Kiki !

La folie des montres

Rares sont les vendeurs de montres à Paris, à Genève ou à Monte-Carlo, qui n’aient pas reçu un jour la visite d’un membre du gang des prédateurs. Les policiers chargés de l’enquête n’ont pas pu consacrer tout le temps nécessaire au recensement de leurs achats. De plus, des mois ou des années après, les commerçants ont peut-être eu tout le loisir d’effacer des ventes réalisées en espèces. Toujours selon des proches de Kiki 1er, ce dernier aurait des collections entières de montres (une bonne centaine) entre 50.000 et 150.000 euros (entre 30 et 100 millions FCFA) la montre et quelques-unes autour et dépassant les 500.000 euros l’unité. Dans la démesure, le vainqueur serait toutefois le responsable des Grands Travaux, Jean Jacques Bouya avec une pièce exceptionnelle, une montre et son bracelet sertis de diamants dont le prix atteindrait le milliard de FCFA.

Les achats compulsifs d’Antoinette Sassou NGuesso

L’épouse du président n’apparait que très modestement dans le listing produit par Médiapart.

Pourtant la première dame s’est constituée un véritable trésor de guerre en diamants et bijoux de toutes sortes. Juste contrepartie de la bonne centaine d’enfants adultérins que son président de mari a essaimé tout au long de sa trentaine d’années au pouvoir alors qu’elle était toujours à ses côtés.

Autant de parures de bijoux à un million d’euros que d’enfants reconnus ou pas.

Des factures d’achats que les policiers français ou suisses ne trouveront jamais, soit que les acquisitions se sont effectuées auprès du Joaillier brazzavillois de « Madame » ou par l’intermédiaire de courtiers qui se rendent très fréquemment à Brazzaville pour lui présenter leurs collections. Antoinette Sassou NGuesso est une des plus grandes acheteuses de bijoux de la planète…. !

A cela, il faut ajouter deux appartements récemment acquis à Paris et encore en cours de travaux : 400 m2 avenue Victor Hugo et 400 m2 avenue Foch pour son fils Chris Bongo Nouara et pour sa fille Blandine. Pour la Reine mère jet-setteuse tropézienne, un palais au Maroc est également en travaux d’achèvement.

Jean Jacques Bouya en mission « secrète » au Maroc

L’expression la plus employée actuellement dans les sphères du pouvoir est : « ça sent mauvais à Brazzaville ! »Aussi les « barons », par précaution, ont envoyé depuis longtemps leurs épouses et rejetons à l’abri chez le « très critiqué » François Hollande.

Pour le clan présidentiel, il en va tout autrement, la France n’apparait plus comme un pays ami, une terre d’asile ou de refuge. La Russie, la Chine sont bonnes pour les armes et les affaires, mais pour un long séjour ou pour toute une vie d’exil, rien ne vaut un Riad ou un joli palais à Marrakech chez le parent Mohammed VI.

La visite de Jean-Jacques Bouya, le 2 octobre dernier, à Mohand Laenser, le ministre de l’Intérieur marocain, aurait été programmée pour préparer un accord dans ce sens :

«Nous avons été reçus par le ministre de l’Intérieur, parce que nous sommes porteur d’un message à S.M. le Roi du président de la République du Congo», a déclaré Bouya à la presse à l’issue de cette audience.

Alors combien, Jean-Jacques Bouya (le complice du blanchisseur Philippe C.), a-t-il négocié d’appartements à construire par passeports et de cartes de séjour marocains ? La centaine d’enfants du dictateur congolais auxquels il faut ajouter leurs propres enfants et conjoints, cela représente une sacrée colonie !

Laenser_Bouya au Maroc

N.B. Depuis cette visite au ministre de l’Intérieur, ce dernier Mohand Laensar a été nommé ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire et remplacé à l’Intérieur par Mohamed Hassad. Mohand Laensar a-t-il été sanctionné pour avoir affiché une trop grande générosité pour l’accueil de « futurs exilés » congolais ?

Les petits fours étaient chauds et le champagne était frais

Ce 24 juillet 2011, à Brazzaville, Rodolphe Adada, encore rassuré la veille par son complice de toujours, le président Denis Sassou NGuesso, vérifiait bien auprès du traiteur que tout serait parfait pour le banquet qu’il allait offrir à ses parents et amis pour célébrer dignement sa nomination à la tête du Parti Congolais du Travail (PCT). Les petits fours achevaient leur cuisson et les bouteilles de champagne millésimé étaient prises dans la glace.

Hélas, pour la caution intelligente du président congolais, toujours présent à ses côtés dans les négociations pointues, l’homme sans lequel Denis Sassou NGuesso serait resté coincé à vie avenue Rapp à Paris, la nuit à défaut d’être bonne conseillère avait permis au clan des neveux et des rejetons, « Mapapa ou pas », de s’y opposer farouchement : Adada, Secrétaire Général du PCT, représentait un réel danger pour la succession et un concurrent sérieux pour un coup d’Etat institutionnel à l’image de celui qu’il avait réalisé lui-même en 1979.

Le dictateur, pour sauver ce qu’il pouvait de sa face, ressortit alors une vague rumeur de corruption d’Adada par Omer Hassan Al-Bashir, le président du Soudan, à l’origine de la démission de ses fonctions de Chef de l’UNAMID à Khartoum le 31 août 2009. Le clan de Boundji, qui ne cessait « d’avaler des couleuvres » (parfois venimeuses comme s’en plaint encore Justin Leckoundzou) vécut alors la nomination de Pierre Ngolo à la tête du PCT comme le pire affront et jura de se venger et de faire valoir, le moment venu, cette « jurisprudence ».

adada au soudan

Les révélations de Médiapart sur les trafics crapuleux de Jean-Jacques Bouya avec son blanchisseur français, Philippe C., installé en Suisse, représentent l’opportunité, tant attendue, d’appliquer la « jurisprudence Adada » que le clan de Boundji serait bien décidé à ne pas laisser passer… !

Par Rigobert OSSEBI

DANS LES COULISSES DU POUVOIR DE SASSOU NGUESSO »achats compulsifs et conspiration ! » (volet n°2).

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