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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 19:13
[Congo-Brazzaville] Réaction de M. Clément Miérassa sur l'attitude de Sassou Nguesso à l'Elysée

« Le président de la République a donné une image du Congo, qui protège des gens qui volent, qui détournent de l’argent… »

Clément Miérassa, président du PSDC est membre du Collectif des présidents des partis de l’Opposition congolaise revient sur le comportement affiché par Denis Sassou-N’Guesso s’agissant de la question des biens mal acquis et a aussi donné son point de vue sur ce que le président français, François Hollande pouvait proposer à son homologue congolais comme sortie de crise.

Le Nouveau Regard : Denis Sassou Nguesso a été reçu à l’Elysée par son homologue français François Hollande quels commentairreres faites-vous de cette rencontre ?

Clément Mierassa : la première réaction concerne un peu le calendrier, nous ne savons pas si cela a été un hasard, que le président Sassou se rende en France immédiatement quelque temps après qu’il ait reçu à Brazzaville le président chinois. Ce qui semble apparaître, c’est que les relations entre la Congo et la Chine se sont largement développées ces derniers temps. Et malgré tout, la France reste notre principal partenaire. Mais je dois dire, lorsque j’ai suivi ce qui s’est passé que le président Sassou est parti à Paris au moment où notre region l’Afrique centrale vit un contexte tout particulier. Le premier aspect, c’est la mission qu’il a eu à accomplir à Ndjamena, s’agissant de la crise centrafricaine. Et, nous pensions qu’il aurait été très ragaillardi, si la mission qu’il avait choisie de faire au niveau de la RCA, avait totalement abouti. Mais on a réalisé que, c’est particulièrement le président tchadien Idriss Deby, qui est arrivé pratiquement en première ligne et qui est venu comme arracher tous les fruits de la médiation entreprise. Au niveau de la République Démocratique du Congo aussi, je crois que le président Sassou a commencé à entreprendre quelques démarches, mais on sent également, qu’il y aura beaucoup de difficultés. Donc au moment où le président Sassou arrive à Paris, il apparaît nettement au niveau de l’Afrique centrale qu’il y a deux grands pays qui se positionnent bien ; c’est le Tchad et l’Angola. Maintenant s’agissant de la visite elle-même, nous avons suivi les commentaires, on a vu le président sortir de l’Elysée, j’avoue personnellement que j’ai été frappé par la réaction que le président a eu s’agissant des biens mal acquis et de ce principe de non-ingérence. Parce que si nous savons bien, non seulement que le Congo a des accords juridiques avec la France, ce qui nous a souvent été dit, mais en plus il y a le fait que ; il y a le droit français et il y a le droit international. Et, l’affaire des biens mal acquis, c’est l’un des éléments importants qui doit permettre à nos pays de lutter efficacement contre la corruption, contre les antivaleurs notamment les détournements des fonds et autres. Et moi personnellement j’ai très déçu, je dis très déçu. Parce que le président de la République a donné une image du Congo qui serait prêt à protéger des gens qui ont volé, qui ont détourné qui ont corrompu dans leur pays et qui auraient placé de l’argent dans un pays comme la France, qui à mon avis qu’il faut reconnaître est un pays de droit. Un pays où l’indépendance de la justice est reconnue. Donc, je pense cette image, la classe politique congolaise doit tout faire pour l’enlever. En ce qui nous concerne, nous luttons pour la transparence. Et quand vous lisez la « Nouvelle Espérance et le Chemin d’Avenir », on nous parle beaucoup de transparence, de moralisation de la vie publique et de la vie politique. Mais je me rends compte qu’on en parle des bouts des lèvres et qu’en fin de compte, on ne veut pas aller jusqu’au fond du problème. Ce qui amène à constater au plan national et international que le Congo est un pays riche mais que les congolais sont pauvres et que la richesse est concentrée entre les mains d’une petite minorité qui vit dans l’opulence et dans l’arrogance et qui ne se préoccupe pas des autres congolais. Donc je pense que, cette déclaration doit préoccuper les congolais de tous bords et nous devons agir pour dire, nous soutenons les démarches menées en France, pour faire aboutir les dossiers des biens mal acquis, ce que nous avons toujours souhaité ici. Et nous souhaitons qu’au niveau du Congo, qu’il y ait également un déclic qui soit fait. Ce déclic se fera comment ? Vous savez que le président de la République depuis 2002, n’a pas déclaré son patrimoine, avec lui tous les hommes politiques, avec lui tous les hauts fonctionnaires qui ont été nommés. Cela veut dire qu’il y a un manque de volonté manifeste de lutter contre les antivaleurs principalement la corruption. C’est pour cela que nous lançons un appel. Lorsqu’on dit que les institutions marchent, vous avez la preuve que le Parlement ne marche pas. Parce que si cette institution marchait, on ne serait pas après 2002, à la onzième année sans que les dirigeants congolais ne puissent pas déclarer leurs patrimoines à l’entrée et à la sortie de leurs fonctions. De quoi ont-ils honte ? Quand on voit ce qui se passe maintenant, on se rend compte qu’il y a beaucoup de mensonges, qu’il y a manque de sincérité, qu’il y a manque de franchise. Parce que tout simplement, la classe politique profite de sa position pour s’enrichir au détriment de l’intérêt du peuple. Et il est bon que cette situation cesse. Voilà pourquoi nous lançons un appel au Parlement et aux responsables politiques pour que les dispositions soient prises avant la fin du mandat du président Sassou, qui est censé de déclarer son patrimoine à l’entrée et à la sortie de ses fonctions. Les congolais doivent avoir une visibilité là-dessus. Sinon l’interprétation est forte. D’ailleurs, le président Sassou l’avait dit lui-même, lors du discours de son investiture en 2009 : « Le Congo n’était pas hélas exempt de corruption, de concussion et de fraude » et il a ajouté « Hélas ce sont les dirigeants qui sont interpellés ». Donc, nous avons des questions de morale, d’éthique, de lutte d’antivaleurs. Et je pense que ce sont ces questions qui doivent être réglées. Et c’est pour cela que moi je prends souvent du plaisir à compter les jours qui restent au président Sassou à la tête de l’Etat. Parce que, c’est en tenant compte de ça, que nous devons faire examiner un certain nombre de choses et remettre de l’ordre là-dedans.

LNR : Au plan politique qu’est ce qui a filtré de cette visite ?

CM : Je pense que le président Sassou a été clair en faisant apparaître cette notion de non-ingérence. Je suis sûr qu’il y a eu un certain nombre d’allusions qui ont été faites aux problèmes qui nous préoccupe maintenant. Moi, je pense principalement à deux problèmes. Le premier est celui du changement de la Constitution. Parce que, si vous avez lu l’article de François Soudan dans Jeune Afrique, il apparaît clairement que dans l’intérêt du président Sassou, la révision ne l’intéresse pas. Malheureusement, sur la voie du droit, il n’y a aucune disposition juridique qui est prévue en ce qui concerne le changement de Constitution. Donc au plan de l’opportunité politique, cela pose un certain nombre de problèmes. Et nous pouvons approfondir la question en disant, que ce soit dans la « Nouvelle Espérance » que ce soit au niveau du « Chemin d’Avenir », il n’a jamais été question pour le président Sassou, dans le projet qu’il a proposé au peuple d’aller vers un quelconque changement de Constitution. Dans tous les cas, ça sera difficile à expliquer. Vous avez suivi le meeting de ses partisans, du RMP, du PCT et ses alliés, ils ont dit que le Congo n’était pas en crise, qu’il n’y avait aucun problème, les Congolais étaient heureux. Nous ne voyons pas ce qui pourrait justifier un tel changement. Sur ce problème, il est difficile de justifier un tel changement. Sur ce problème, en ce qui nous concerne, nous avons déjà dit, il n’a pas besoin de changement de Constitution. Le président Sassou est en train d’exercer son deuxième et dernier mandat. Il faut qu’il en prenne conscience et il faut que nous sachions que, nous devons préparer sa sortie et nous devons également préparer l’alternance.

Maintenant, s’agissant du deuxième problème que je soupçonne, qui a pu certainement été évoqué. Là aussi on pourrait évoquer l’aspect de la politique intérieure, mais c’est le malaise qu’il y a au Congo. Vous savez bien que l’opposition congolaise a réclamé les Etats généraux, un dialogue politique national. On a cru à un moment donné, que toute la classe politique parlait le même langage, mais vous avez vu ce qui s’est passé à Dolisie. Je pense que si le président Hollande a dû faire quelques suggestions, je suppose qu’il a suggéré au président Sassou d’organiser un véritable dialogue national entre les forces vives de notre pays pour que l’on prépare sa sortie, pour que l’on prépare des élections libres, démocratiques et transparentes en 2016. Et qu’enfin on puisse agir pour que le Congo vive dans la paix, dans la stabilité et qu’au plan institutionnel nous ne rencontrons aucun problème.

Propos recueillis par Michel Hadridh

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DOCUMENT - CONGO. DEUX ENSEIGNANTS LIBÉRÉS, LES MENEURS D'UNE GRÈVE TOUJOURS HARCELÉS

Action complémentaire sur l'AU 104/13, AFR 22/002/2013 – Congo 29 avril 2013

ACTION URGENTE

DEUX ENSEIGNANTS LIBÉRÉS, LES MENEURS D'UNE GRÈVE TOUJOURS HARCELÉS

Deux enseignants détenus à Brazzaville, au Congo, depuis une semaine à la suite d'une grève qui se poursuit ont été libérés sans inculpation. Néanmoins, les dirigeants du syndicat subissent toujours un harcèlement et des manœuvres d'intimidation de la part des autorités congolaises.

Hilaire Eyima et Claude Nzingoula ont été libérés le 25 avril 2013 sans inculpation, mais seulement après avoir été forcés à lire dans les médias nationaux une déclaration appelant les autres enseignants à cesser la grève et demandant pardon pour leur rôle dans celle-ci. Cependant, les enseignants ont poursuivi leur grève et les dirigeants de la Concertation pour la revalorisation de la profession d'enseignant (CPRE), une coalition de syndicats d'enseignants, sont encore harcelés et soumis à des manœuvres d'intimidation par les autorités.

Le président de la CPRE, qui se cache toujours, a été appelé le 24 avril 2013 sur son téléphone portable par un agent de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) qui l'a menacé en l'exhortant à mettre fin à la grève. Il lui a indiqué que, à moins qu'il ne quitte le pays, des agents des forces de sécurité le trouveraient ainsi que les autres membres de la CPRE qui sont entrés dans la clandestinité.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-APRÈS, en français, en anglais ou dans votre propre langue :

dites-vous préoccupé par les informations indiquant que des dirigeants de syndicats d'enseignants menant la grève en cours sont forcés à faire contre leur gré des déclarations appelant à cesser la grève et dénonçant leur participation ;

déclarez-vous inquiet pour la sécurité des dirigeants de la CPRE qui sont actuellement dans la clandestinité et cherchez à obtenir la garantie que les dirigeants de cette coalition ne seront ni arrêtés, ni menacés pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression et d'association ;

engagez les autorités congolaises à faire cesser le harcèlement et les manœuvres d'intimidation que subissent les dirigeants de la CPRE aux mains des agents de la DGST ;

appelez-les à respecter les droits des enseignants et à engager un dialogue constructif avec la CPRE afin de résoudre pacifiquement leurs griefs et, à terme, de mettre fin à la grève.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 10 JUIN 2013 À :

Président de la République

SE M. Dennis Sassou-Nguesso

Palais du Peuple

Brazzaville, République du Congo

Fax : + 242 222 81 4557 (merci de vous montrer persévérant)

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,

Ministre de la Justice et des Droits humains et garde des Sceaux

M. Aimé Emmanuel Yoka

Ministère de la Justice et des Droits humains

BP 2497

Brazzaville, République du Congo

Fax : +242 222 81 4167 (merci de vous montrer persévérant)

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,

Copies à :

Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation

M. Raymond Zephyirin Mboulou

Ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation

BP 800

Brazzaville, République du Congo

Fax : +242 222 81 3317 (merci de vous montrer persévérant)

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Congo dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Ceci est la première mise à jour de l'AU 104/13. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/AFR22/001/2013/fr.

ACTION URGENTE

DEUX ENSEIGNANTS LIBÉRÉS, LES MENEURS D'UNE GRÈVE TOUJOURS HARCELÉS

COMPLÉMENT D'INFORMATION

Les enseignants congolais sont en grève illimitée depuis le 25 février 2013. Ils réclament une revalorisation de leur profession, notamment des salaires plus élevés et un recrutement efficace et équitable dans l'enseignement public. Cette grève a été lancée par la CPRE après l'échec des négociations entre les autorités congolaises et les syndicats.

Noms et genres : les dirigeants de la CPRE (h), Hilaire Eyima (h) et Claude Nzingoula (h)

http://www.amnesty.org/en/library/asset/AFR22/002/2013/fr/d783aaf3-d1c8-4b55-89ae-91d678f0ec33/afr220022013fr.html

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