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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 10:36
[Congo-Brazzaville] Grève de la garde présidentielle "au pays de Kiki et de Koko", par Rigobert Ossebi

Le pauvre Congo, tout à son agitation prétendument marxiste, ignorait, ou si peu, la corruption. Les indices, dont celui de la scolarisation, étaient dans la bonne moyenne du continent sub-saharien. C’était « le pays de Marien » ! Avec la manne pétrolière qui n’a cessé d’augmenter, tous les indicateurs ont viré au rouge, rouge vif sanguinolent. Cela fait très longtemps qu’il est devenu « le pays de Denis » ou plutôt maintenant « le pays de Kiki et de Koko ».

Le mécontentement ou la désapprobation ne s’expriment guerre.

Le « Mercato » est permanent. Tout s’achète à Brazzaville surtout les consciences. L’opposant historique est devenu inexistant. Tous ou presque sont allés prendre leur part de miettes dans la gamelle qui leur était réservée. L’opulence pétrolière n’a pas amélioré la condition des travailleurs mais, malgré cela, les grèves ne semblent pas susciter d’intérêt. Elle est bien loin la grève générale de septembre-octobre 1990, alors conduite par Bokamba-Yangouma. De récents mouvements, dont celui des Instituteurs, n’ont su catalyser l’insatisfaction des populations ni de l’ensemble des fonctionnaires. Les dirigeants nationaux désignés par le Palais ont toujours veillé scrupuleusement à tout risque de contagion.

La SCPE (Société congolaise de production d’électricité) qui avait été une filiale de la SNPC et qui dépend maintenant du ministère de l’énergie et de l’hydraulique, devait observer un vaste mouvement de grève à la fin du mois de juin (dernière Lettre du Continent). Comme pour certaines catégories de personnel de la SNPC, des arriérés de trois mois de salaires étaient enregistrés. La SCPE, rappelons-le, produit de l’électricité via la centrale à gaz de Djeno à Pointe Noire, la centrale thermique de Brazzaville, ainsi que celle d’Oyo.

Que l’Education Nationale « soit fauchée » est déjà incompréhensible alors que le Niger, la Guinée et le Centrafrique ont reçu plus de 100 milliards de FCFA, au total, de prêts qu’ils ne rembourseront jamais ; mais que dire de ces sociétés riches du pétrole et du gaz congolais qui ne payent pas leurs employés ? Il ne sert à rien de répéter, une fois encore : « mais où va l’argent du pétrole ? » Nous le saurons bien assez tôt……

Dans cet empire absolu de la prévarication absurde, tant la cupidité est grande, la Garde présidentielle est maltraitée tout autant que les autres travailleurs. Ce rempart ultime pour le pouvoir menace, pour une troisième fois, de laisser Denis Sassou N’Guesso seul dans son palais… !

La première fois, nous étions au début des années 2000. Un des responsables de cette troupe avait interpellé le Ministre Emmanuel Yoka lors de l’une de ses visites à son neveu. Il lui montra, dans les logis, les cartons à même le sol sur lesquels ils dormaient tous, les conditions d’hygiène déplorables, l’absence de toilettes, les robinetteries hors d’usage et leur exposition permanente à l’insalubrité et aux piqures de moustiques. Il se plaignit également de la mauvaise qualité de l’eau et de la popote. Un triste sort qui est toujours partagé avec bon nombre de Congolais. L’Oncle ministre assura qu’il interviendrait personnellement pour que cette situation change. Il obtint le crédit nécessaire et l’argent fut détourné… ! Rien ne vint modifier ces déplorables conditions de travail et la Garde présidentielle se mit en grève !

Eau du robinet au Congo-B

De nos jours encore, il n’est pas rare pour des visiteurs du Palais présidentiel de se faire aborder par un des gardes qui « demande » un peu d’argent pour acheter une boisson ou un peu de nourriture. Une unité, qui se veut d’élite, obligée de se tourner vers la mendicité !

La seconde fois que Denis Sassou N’Guesso se retrouva seul dans son Palais n’était pas due à une grève. C’était le 4 mars 2012, juste après la première explosion. Toute la garde décampa, comme tout le Gouvernement, sans demander son reste. Elle était bien d’accord pour garder le dictateur mais pas pour mourir avec lui….

L’autocrate congolais est aujourd’hui sur le point de se retrouver une troisième fois seul dans son palais de Brazzaville, abandonné par sa garde. La menace d’une nouvelle grève est précise et risque bien de se déclencher sous peu. Les conditions de travail et la maigreur du salaire sont toujours à la base des revendications. Cette catégorie de personnel est celle qui ressent le plus la misère dans laquelle elle se trouve car elle est en permanence confrontée au train de vie outrancièrement fastueux de nos rois du pétrole. Ces derniers n’ont rien à envier aux Emirs du Moyen-Orient sauf qu’eux ont véritablement construit des Etats modernes sur du sable. Leurs fortunes ne sont pas investies dans des paradis fiscaux exotiques mais dans leur propre pays. Et il ne se passe pas de jour que leurs excédents, au travers de Fonds Souverains, ne s’investissent dans de grandes entreprises internationales au profit des « générations futures ».

Il a suffi aux Arabes producteurs de pétrole de deux ou trois décennies pour accomplir ces avancées réellement émergentes. Alors qu’il ne pleut jamais chez eux, l’eau ne manque pas et elle est potable. Des hôpitaux modernes, des universités et bien davantage ; tout y est ou presque !

Quand le Qatar achète le PSG, l’équipe de football de Paris, le Congo achète lui Franck-Export à Orly ! Voilà le « pays de Kiki et de Koko » !

Espérons que cette prochaine grève de la Garde présidentielle sera illimitée, la nation congolaise lui sera éternellement reconnaissante.

Par Romuald Rigobert Ossebi

[Congo-Brazzaville] Grève de la garde présidentielle "au pays de Kiki et de Koko", par Rigobert Ossebi

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