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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 15:58
[Congo-Brazzaville] District de Loukolela : Odeur de pétrole, la mafia clanique familiale à l'oeuvre comme à Pointe-Noire dans le Kouilou



Odeur de pétrole, la colère monte, est-ce la malédiction du pétrole ? SNPC, entreprise nationale ou familiale ?

La République du Congo tire ses principales ressources de l’exploitation du pétrole, soit entre 80 et 100 millions de barils par an, réalisée en grande partie en off-shore. Les recettes tirées de ce secteur représentent environ 66% des recettes publiques, plus de 60% du PIB et près de 90% des recettes d’exportation. Sixième producteur d’Afrique subsaharienne, la production pétrolière n’a cessée d’augmenter pour avoisiner 133 millions de barils en 2010. Les principaux opérateurs sont des multinationales et la Société Nationale de Pétrole du Congo (SNPC). La plupart des compagnies opèrent selon un Contrat de Partage de Production (CPP).Si elle porte, actuellement, plus sur l’off shore, en mer profonde et très profonde, l’exploration s’est élargie à l’on shore, dans le bassin côtier, mais également dans le bassin de la cuvette. Le bloc Ngoki (bassin de la cuvette, district de Loukokela) a été attribué à la compagnie suisse Pilatus Energy Congo sur les neuf blocs recensés. De tout temps, l’exploration et l’exploitation du pétrole ont été soit un facteur de développement durable pour les populations ou une source de malheurs. Sous d’autres cieux, ceci a été qualifié de ‘’malédiction du pétrole’’, faute de ne pas avoir intégré tous les acteurs présents dans le processus d’exploration puis d’exploitation à savoir : les institutionnels, les opérateurs, les élus, les notables, les chefs de terre, les populations etc. Au Nigéria dans le Delta du Niger, des groupes sécessionnistes et communautaires se sont crées pour revendiquer armes à la main, leur part du pétrole pour le bien être des populations.

Loukolela un petit ‘’Dubaï’’ ? Duplicité et opacité de la SNPC et de Pilatus Energy Congo

Le district de Loukolela en particulier, la région de la cuvette en général terre de pêche, d’agriculture et de chasse font l’objet depuis plus de cinq ans de promesses radieuses, justifiée en cela par une production pétrolière source de richesse considérable, de créations d’emplois, d’activités économiques multiples et de construction d’infrastructures scolaires et sanitaires. Bref, les populations du district de Loukolela rêve d’un petit ‘’Dubaï’’ sous les tropiques. Malheureusement, ce projet depuis son lancement est géré dans l’opacité totale. Tenez ! sous la houlette de Monsieur le Floch Prigent, sulfureux personnage, repris de justice en France et tout récemment au Togo, la société Pilatus Energy Congo dont il assure la direction, a effectué pendant plus de trois ans des travaux de prospection dans le district. Au passage, il sied de signaler la proximité qui lie le Président de la République Dénis Sassou Nguesso à ce personnage à la moralité douteuse. Ainsi, tout au long de cette étape de prospection, les populations du district de Loukolela ont vécu le martyr. Des sociétés de sous-traitance se sont installées, utilisant comme main d’œuvre, en majorité des étrangers. Par contre la minorité des autochtones payés à la tâche dans des conditions de travail dignes des sociétés de concessions de l’époque coloniale n’ont pu bénéficier des miettes dans cette première phase de prospection. Pire, les premiers dégâts environnementaux ont souillés les eaux et rivières hypothéquant gravement, les activités de pêche et de chasse, les principales sources de revenus de ces populations. Toujours dans le même registre, la contrepartie promise en termes de construction des structures scolaires et de santé à Loukolela et les villages environnants n’a pas été réalisée. Les Chefs de terre, tant à Loukolela, Boleko ou Mikoungou principales sphères d’activités sont à ce jour purement et simplement écartés. Ceci avec la complicité tacite des élus locaux et des responsables administratifs. Le député Gabriel Longombé et le sous-préfet sont pointés du doigt. La SNPC, principal acteur de la gestion et de la régulation des permis de prospection s’illustre par une complicité coupable.

Ayant fait le constat des dysfonctionnements et de l’opacité liés à la gestion du ‘’permis Ngoki’’, un collectif dénommé ‘’Collectif des communautés locales de Loukolela’’ a adressé un mémorandum à tous les acteurs impliqués dans ce dossier à savoir : la Présidence de la République, le Ministère des Hydrocarbures, la SNPC, la société Pilatus Energy Congo ainsi qu’au Député de Loukoléla Gabriel Longombé. Dans ce mémorandum dont notre rédaction à pris connaissance, le collectif attirait l’attention des pouvoirs publics et de la société Pilatus Energy Congo sur les risques environnementaux, les frustrations et la colère des populations, l’inquiétude des Chef de terre et la nécessité de la mise en place d’un cadre de concertation. Un cahier de charge était annexé à ce mémorandum.

Un état des lieux alarmant, une colère qui monte à Loukolela !

L’état des lieux en notre possession fait état des faits alarmants tant dans le comportement des pouvoirs publics que des dégâts occasionnés et avenir dans les zones d’exploitation pétrolière. Jugez-en : Inexistence d’un cadre de concertation représentative et formel entre Pylatus Energy Congo, les élus, les notables, les Chefs de terre et les populations ;Manque de transparence depuis la conception du projet, l’exploration et maintenant l’exploitation dudit projet ;Bloc d’exploitation en zone forestière marécageuse, les rares terres fermes sont occupées par des populations qui s’adonnent de façon séculaire aux activités champêtres et à la pêche ;Conflits d’intérêts manifestes et latents entre les populations locales et les compagnies pétrolières ;La non prise en compte des conséquences environnementales qui impactent négativement sur l’avenir des contrées et des générations futures ;La marginalisation des originaires et des populations de la zone de prospection des activités liées au projet. A cela, il faut ajouter, La non prise en compte des conséquences liées à la délocalisation des villages à savoir: le sort des propriétaires fonciers, la construction des nouveaux villages, l’immigration massive et incontrôlée qui crée un véritable dumping social, les compensations en termes d’activités rémunératrices des populations délocalisées, les conséquences environnementales sur la santé des populations etc.

Plus de 200 sujets RDC débarquent à Mikoungou (Loukolela)

Force est de constater que face à ce constat alarmant, toutes les autorités compétentes et la société Pilatus Energy Congo font la sourde oreille. Cependant, l’arrivée depuis plus d’un mois de deux barges remplies de matériels lourds et d’équipements, ainsi que d’une cinquantaine de sujets étrangers de la RDC en provenance de Brazzaville est la goutte d’eau qui à fait déborder le vase. Alerter par les populations de Loukolela, l’enquête de notre rédaction tend à démontrer que la deuxième étape, c’est-à-dire, celle du forage du pétrole du bloc <> est à l’ordre du jour. Dans la stupéfaction, l’indignation et la colère à peine contenue, les populations de Loukolela et du Collectif ont vu débarquer une horde d’étrangers avec la complicité des pouvoirs publics, de la SNPC et de Pylatus Energy Congo. Messieurs André Bahoumina et Paul Otsa respectivement responsable du projet forage et assistant à logistique joint par notre rédaction sont aux abonnés absents. Autrement dit, selon l’interprétation des populations de Loukolela, le pétrole de Loukolela serait-il privatisé par la famille présidentielle ? Ils comprennent mieux la construction du port d’Oyo, le siège de BDEAC, la construction de la raffinerie qui, selon leur information seront des activités prévues en aval du pipeline qui partira du port en construction de Mikoungou (Loukolela). Sinon, comment expliquer qu’une gestion pétrolière soit à ce point opaque ? Qui a amené la cinquantaine des sujets de la RDC, comme main d’œuvre au détriment des milliers de jeunes de Loukolela qui sont au chômage ? Face à toutes ces injustices, il y a à craindre au niveau du district de Loukolela de la réaction des populations qui sentent l’odeur du pétrole, les dollars qui sortiront de cette production ; en retour pour les autochtones misère, faim et chômage seront leur lot quotidien. A l’instar de Pointe-Noire, ville pétrolière et économique qui croupit dans la misère et l’insalubrité, les populations de Loukolela interpellent personnellement le Président de la République Dénis Sassou Nguesso pour son implication personnelle dans cette crise latente. Présentement, les cadres de loukolela que nous avons approché gardent en mémoire le plaidoyer permanant du Président de la République à travers le monde sur la promotion du développement durable, ce qui s’est traduit par ce passage prononcé décembre 2009 à Copenhague dans le cadre de la conférence des nations unies sur les changements climatiques. A cette conférence, il avait appelé la communauté des nations à faire les bons choix en ces termes : << les choix qui conjugueront le respect de la nature et le respect de l’homme sans volonté hégémonique ; les choix d’un véritable partenariat technologique ou il ne sera plus question de pillage de ressources, mais d’une exploitation rationnelle et d’une transformation sur place des produits locaux ; les choix qui vont permettre, grâce au développement d’une agriculture vivrière et biologique, d’éradiquer la faim dans le monde>>. (Affaire à suivre).

SOURCE : zenga-mambu.com

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M. Ossebi

Economie

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