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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:36
[Congo-Brazzaville] Denis Sassou Nguesso : l'aveu devant l'historique "Document Dabira"

[Congo-Brazzaville] Denis Sassou Nguesso : l'aveu devant l'historique "Document Dabira"

Numéro 367 - Denis Sassou Nguesso - L'aveu devant l'historique "Document Dabira"

Chers compatriotes et amis du Congo, nous vous informons au seuil de la présente communication que le général de division Norbert Dabira vient de nier sa signature au bas du document intitulé « 22e Note », paru dans le précédent numéro d’Afrique Education (365-366 du 1er au 30 avril).

Nous espérons qu’il n’ira pas jusqu’à nier sa présence au sein de la Commission spéciale que le général d’armée, Denis Sassou Nguesso, chef de l’Etat, président de la République, chef de gouvernement, a mise en place, dès réception de ce document, afin qu’elle analyse « profondément » ce document et lui adresse rapidement son rapport. Nous reviendrons sur cette attitude du général Norbert Dabira à la fin de la présente communication.

PREMIÈRE PARTIE :

Chers Compatriotes et amis du Congo, je continue à mettre à votre disposition des documents qui établissent de façon irréfutable que Denis Sassou Nguesso est l’assassin de Marien Ngouabi, le 18 mars 1977 et que les tragédies qui caractérisent, sans fin, son régime ont pour racine, ce crime non assumé, non confessé.

1 – Je vous avais dit, dans mon interview du mois de novembre 2012 (numéro 358 du 16 au 30 novembre d’Afrique Education) que tout accusait ce ministre de la Défense et de la Sécurité quand il annonça au peuple congolais et l’opinion nationale que « l’immortel président Marien Ngouabi n’était plus ». Il n’était plus parce qu’ « assassiné à son domicile sis au siège des Forces armées congolaises par un mystérieux commando de l’impérialisme aux abois et qui a réussi à prendre la fuite », sans laisser la moindre trace.

Ce troublant communiqué fut immédiatement suivi d’un autre : « L’armée vient de décréter un couvre-feu dans le pays ». Autrement dit, celui-ci fut mis dans l’impossibilité de réfléchir en groupe sur le précédent communiqué, de douter de son contenu. Mais cette stratégie ne plongea pas le peuple dans la terreur. La deuxième non plus qui consistait à accuser d’autres de ce crime après l’impérialisme aux abois. La troisième non plus qui, pendant une semaine, remplit les cimetières de personnes faussement accusées de défaillances militaires. La quatrième non plus qui consista à faire fonctionner une Cour martiale sans dossier sur les « accusés ». A tous les niveaux dans le pays, et même au sein du Comité militaire qui prit le pouvoir dès le 18 mars – Comité présidé par Sassou Nguesso – on se mit à soupçonner cet homme.

2 – Mais l’homme s’était abrité derrière une muraille apparemment imprenable : le régionalisme et le tribalisme. Le 19 mars, il cessa d’accuser l’impérialisme international du crime du 18 mars. Il jeta celui-ci sur l’ancien président Alphonse Massamba-Débat, un originaire du Sud. Comme Marien Ngouabi était du Nord, le dossier devint ainsi local pour ne pas dire national. Oui, Sassou Nguesso pouvait ainsi jouer de toutes les fibres qui composent le grand conflit Nord-Sud au Congo et que Marien Ngouabi avait qualifié, en 1970, de Long Drame. Et il a, jusqu’ici, réussi puisque, dans la partie Nord du pays, beaucoup croient que ce sont des « sudistes » qui ont assassiné le président « nordiste » Marien Ngouabi.

3 – Fort heureusement, de nombreux esprits et intelligences, au Sud comme au Nord, ont fini par comprendre que l’ombre sur le 18 mars 1977, sur la mort de Marien Ngouabi, est ce qui bloque la marche de notre pays vers le futur depuis trois décennies. J’ai alors accepté de mettre à la portée de tous, les documents qui éclairent chacun sur la responsabilité de Denis Sassou Nguesso dans ce grand for fait qui divise si gravement notre nation.

Oui, il y a au Congo, un grand courant national qui ne veut plus voir ce pays être le jouet d’un habile remords divisé par un assassin qui ne prend pas conscience des dégâts que son crime non assumé y cause depuis 30 ans. Le document que j’ai fait paraître au mois de mars (n° 364 du 16 au 31 mars d’Afrique Education) le prouve. Un document signé Lekoundzou Itihi Ossetoumba, un compatriote originaire du Nord. Un document expressément écrit afin de dire à tous que c’est Denis Sassou Nguesso qui avait assassiné Marien Ngouabi le 18 mars 1977 et non l’impérialisme international aux abois, et non l’ancien président Alphonse Massamba-Débat.

4 – Ce document de lumière a été suivi d’un autre au mois d’avril (numéro double 365-366 du 1er au 30 avril d’Afrique Education). Un document signé du général Norbert Dabira qui se dit au service de Denis Sassou Nguesso depuis janvier 1977. L’année du crime du 18 mars. Cette tragédie y est évoquée clairement. Voici en quels termes non équivoques : « Nous observons scrupuleusement votre consigne de privilégier la conservation du pouvoir même au prix du sacrifice d’un allié. Cet habile discernement ne nous a-t-il pas permis de jouir de 13 ans de règne après le sacrifice de Marien » ?

Sacrifice d’un allié ! « Sacrifice de Marien. Norbert Dabira ne pouvait pas mieux dire que Marien fut assassiné par un ou sur ordre de Sassou Nguesso le 18 mars. Et il rappelle à son maître qu’il « règne » grâce à un crime, le crime de sacrifice de Marien Ngouabi le 18 mars 1977.

5 – Dans son document, le général Norbert Dabira n’a pas seulement placé le crime ou sacrifice du 18 mars devant les yeux de son maître, Denis Sassou Nguesso. Il a aussi traité des massacres entraînés par le programme de parachèvement de la victoire du 15 octobre 1997. C’est-à-dire, des folies dans lesquelles est tombé le régime de Sassou Nguesso au lendemain de l’abrogation souveraine de la constitution du 15 mars 1992 et la mise en place d’un régime fondé sur une loi fondamentale, régime « à durée flexible » (sic).

Ces massacres que Sassou Nguesso a tentés de nier par la bouche creuse de son ministre de la Communication de l’époque, Alain Akouala, sont largement étalés, dans son document par le général Norbert Dabira. Massacres au Beach de Brazzaville, massacres dans les quar tiers Sud de Brazzaville, « maison après maison » (François Ibovi), massacres dans le Pool, le Niari, la Lékoumou, appelés « Opérations Mouébara »…

6 – Tous ces crimes, le général Norbert Dabira les a rappelés et certifiés dans son document. Et le lecteur a constaté comment Dabira a « tremblé dans tous ses sens » en les évoquant ; comment il redoute l’avenir si « les sudistes » se laissent aller à la vengeance demain ? Comment Denis Sassou Nguesso a-t-il réagi en recevant ce document plein d’aveux, plein d’épouvantes, de craintes, de tremblements face à l’avenir ?

Je n’ai pas abordé cette importante question dans sa dernière communication. Pourquoi ? Parce qu’elle est au centre de ce que nous allons établir maintenant, à savoir, l’aveu de Sassou Nguesso. Oui, l’aveu que personne ne pourra plus nier. L’aveu clairement contenu dans l’attitude prise par Denis Sassou Nguesso après lecture du document de son serviteur et visionnaire Norbert Dabira. Oui, Sassou Nguesso a lu le document. Il a pris connaissance de son contenu sans rien contester, sans rien nier. Les faits évoqués par Dabira dans sa « note 22 » n’ont pas été contestés par lui. Voilà pourquoi nous considérons cette attitude de sa par t comme constitutive d’un aveu, d’une reconnaissance de tout ce que Dabira a exposé dans son document. Je vous laisse à présent, devant les termes dans lesquels Denis Sassou Nguesso a assumé tout ce que le général Norbert Dabira a rappelé dans son document. Regardez-le maintenant avouer tout ce qu’il niait ou attribuait jusque-là à d’autres.

Document Aveu de Denis Sassou Nguesso après réception et lecture attentive du document Norbert Dabira.

DEUXIÈME PARTIE :

QUEL EST NOTRE DEVOIR DEVANT L’AVEU MANIFESTE DE DENIS SASSOU NGUESSO ?

Le rapport qu’établit le rapporteur Dabira et qu’il soumit à son maître « le 28 juillet 1999 à 12 heures précises » semble encore un document secret. Mais on ne voit pas pourquoi il le restera puisque l’essentiel est connu de tous. Un des huit (8) membres de la Commission spéciale du 17 juillet 1999 peut combler le vide demain sur ce point car il n’y a plus rien à cacher au Congo résolu à sortir de « l’ombre désastreuse entretenue par quelques-uns sur le 18 mars 1977 » (sic). Demain, on peut lire ici le Rapport de la Commission spéciale.

En résumé : la mise en place par Sassou Nguesso d’une commission spéciale suite au document Dabira vaut aveu concernant la véracité de tous les faits évoqués dans ce document : sacrifice de Marien Ngouabi, massacres du Beach, du Pool, du Niari…

2 - En mettant en place une commission spéciale, Sassou Nguesso espérait se sauver. Il n’a fait que mettre dans plusieurs bouches et donc étendre à plusieurs oreilles ce qu’il voulait strictement tenir secret.

La mise en place, le 17 juillet 1999, d’une commission spéciale a été un aveu flagrant de sa part de tous les crimes évoqués par le général Norbert Dabira dans son document de la veille (16 juillet) : « sacrifice de Marien Ngouabi, massacres du Beach, de quartiers Sud de Brazzaville, des régions du Pool, du Niari, de la Lékoumou ». « Le mensonge est une bombe à fragmentations ». Sassou Nguesso se rend compte de cette vérité depuis qu’il essaie de gouverner le Congo sur la base de son grand mensonge du 18 mars. Tout ce qu’il essaie « d’édifier » s’écroule. Tout ce qu’il essaie de cacher éclate, brille, crie sur les toits.

3 – Chers Compatriotes, notre tâche est claire devant l’ombre qui nous a aveuglés pendant longtemps, qui nous a divisés depuis 30 ans. Marien Ngouabi n’a pas été assassiné par Massamba- Débat, par des Sudistes, mais par Sassou Nguesso, son ministre de la Défense et de la Sécurité, originaire du Nord comme lui. Relevons-nous devant la lumière de la vérité et reprenons la construction de notre pays arrêtée par le double crime du 18 mars : assassinat plus mensonge. Tourner le dos à cette lumière, c’est marcher encore dans le cadre de la manœuvre de Sassou Nguesso, le satan, l’Andzimba (le génie dans un conte ancestral qui encensait les règles, les coutumes le jour, mais les violait la nuit, ndlr) du 18 mars.

Oui, rappelons-le tous désormais, « L’Andzimba du 18 mars » mais un Andzimba largement démasqué (Documents Lekoundzou et Dabira) et trahi par lui-même (aveu représenté par sa décision de mettre en place une commission spéciale après le Document Dabira. Aveu, aveu comme au lendemain du 4 mars 2012. Une commission spéciale a été mise en place et elle a dérouté l’enquête judiciaire. Jusqu’à ce jour, personne ne peut dire en toute clarté ce qui s’est passé à la caserne de Mpila le 4 mars 2012. On espère là aussi qu’un autre Dabira ou le même devenu nouveau, livrera un jour la vérité.

4 – Chers Compatriotes et amis du Congo, la récente communication sera-t-elle la dernière de la série ? Tout dépend en grande partie de vous. Si vous estimez que la Lettre de Lekoundzou, le Document Dabira et le Document Aveu de Sassou Nguesso, ont jeté une lumière définitive sur la main Andzimba qui avait assassiné Marien Ngouabi le 18 mars 1977, je fixerai alors les projecteurs à un autre niveau de notre combat. Ce sera alors sur la seconde partie du travail qui est entrepris ici, à savoir : « Vers où aller une fois la nuit balayée, la vérité rétablie, la lumière répandue au-dessus de tout et partout ? Et comment y aller ? »

Oui, Chers Compatriotes, il ne suffit pas de savoir comment le diable nous a trompés, comment Sassou Nguesso nous a trompés et divisés profondément pendant plus de 30 ans. Nous devons devenir des êtres qu’on ne peut plus tromper, qu’on ne peut plus diviser facilement.

Regardez : le Congo a des fils docteurs en ceci ou enfin, de généraux et colonels prêts à donner leur sang, leur vie pour lui. Et pourtant, un homme y sème facilement l’ivraie depuis plus de 3 décennies. Cet homme de malheur, Lékoundzou Itihi Ossetoumba l’a nommé dans son document : c’est Denis Sassou Nguesso, cette façon dont cet homme opère, Norbert Dabira l’a décrété dans son document du 16 juillet : c’est un Andzimba. Enfin Andzimba s’est démasqué le lendemain en chargeant une commission spéciale d’exorciser son avenir chargé de malheur.

Ce que nous avons à faire, Chers Compatriotes, est donc clair : ne plus rester comme des gens qui n’ont rien compris ou qui ont été aveuglés par la lumière, par la vérité, ou qui tremblent devant elle, terrifiés, pétrifiés. Le temps n’est plus aux attitudes d’étonnement ou d’interrogations paralysantes, encore moins.

7 – Chers Compatriotes, nous ne sommes pas seuls dans ce combat salutaire ? Sassou et son régime sont décriés dans le monde comme vous le savez. Allons plus loin, des jugements sont édictés contre eux sur le plan judiciaire. En Occident, on n’attend que le jour où il ne pourra plus se dire : président pour qu’il se retrouve dans un box d’accusés voire derrière les grilles d’une cellule de prison. Nous ne sommes donc pas seuls dans notre combat contre ce géant du crime et de la tyrannie. Mais pour que l’aide qu’on nous appor te por te son fruit, il ne faut pas qu’elle tombe entre des mains qui ne savent pas faire fructifier un gain. Rappelons- nous, à cet égard, de la parole contenue dans l’aide qu’on peut nous apporter de l’extérieur ne nous sera profitable que si nous avons tracé un sillon dans lequel elle tombera et germera. En l’absence de ce sillon, l’aide reçue ne saura où tomber et porter fruit. Nous devons donc lutter ayant devant nous un sillon tracé et qui s’appelle, l’Après-Sassou. Le Document Dabira pose ce problème quand il voit l’avenir du Congo comme un grand pessimiste, quand il voit les Mbochi fuyant dans les forêts, pourchassés par des revanchards.

Dabira, homme sans patriotisme, sans vision nationale du Congo, ennemi des Batéké, des Lari et des habitants de la Likouala, ne peut qu’avoir une vision apocalyptique du Congo post-Sassou. Dabira est un Mbochi impur. Il croit que le régime qu’il sert en le couvrant de meurtres et de sang est dans l’Otwéré, la loi fondamentale mbochi. Il croit que cette loi dit et enseigne qu’il faut haïr les Batéké, éliminer les Lari, mépriser le petit peuple de la Likouala, soumettre tout le Congo aux Mbochi. Dabira est un Mbochi impur. Il rattache sa nature aux Mbochi. Mais la loi mbochi n’enseigne pas la haine, le meurtre. L’ethnie mbochi a produit et produira de grands hommes comme Jacques Opangault et Detembet-Ambily. Et élève de 7e au Petit Séminaire de Mbamou, en 1948, j’avais comme maître un originaire de Boundji, un Mbochi donc. Le souvenir de sa bonté, de son humanité est toujours dans mon coeur. Il devint prêtre. Ses conseils d’Abbé me furent d’un grand secours quand je fus au gouvernement Marien Ngouabi. Abbé Basile Okoumou, Président Jacques Opangault, Doyen Antoine Létembet Ambily, chef de quartier Flavien Mbongo, je peux encore citer d’autres Mbochi que le Document Dabira fait se retourner dans leur tombe.

8 – Les Mbochi purs et honnêtes, c’est-à-dire, à l’âme élevée selon les vraies valeurs de la Loi d’Otwéré (les Bantou et non les fauves) doivent se désolidariser de ce qu’a exalté jusqu’ici Dabira. Ils ont le devoir de le faire publiquement, Sassou Nguesso ne l’ayant pas fait. Oui, Sassou Nguesso aurait dû blâmer, sanctionner Dabira après réception du Document antinational ; au lieu de cela, il lui a fait l’honneur d’une grande pièce à être complétée par un aréopage de plus « grands augures ». Quelle flexibilité de la part de Sassou Nguesso ! Quelle flagrante reconnaissance ou clair aveu de tout ce que son serviteur reconnaît et avoue dans son Document !

Les Mbochi purs et honnêtes ne doivent pas se taire devant le Document Dabira et l’attitude de complicité adoptée par Sassou Nguesso en l’élevant au rang d’un document à enrichir par de plus grands génies de son régime.

9 – Qu’avaient exactement consulté les 8 « grands augures » à Sassou Nguesso le 28 juillet 1999 ? Est-ce ceci : « Sire, ne fuyez pas », « Est-ce Sire, décidez, agissez en votre âme et conscience ? » Ou est-ce : « Sire, reprenez la guerre. Triomphez comme le 15 octobre 1997 » ?

Ce point est important. Malheureusement, nous ne disposons pas encore d’éléments qui nous permettent d’avoir une opinion précise. Mais l’histoire, un jour, nous éclairera. Car l’état dans lequel s’effondre le Congo depuis le 28 juillet 1999 a maintenu le 18 mars 1977, tandis que le scenario du 16 juillet, s’il avait été suivi, aurait pu aboutir à un changement à cet égard.

10 – Les 8 « grands augures » du 28 juillet doivent donc être considérés comme les conseillers ou pères de la situation du pire dans laquelle se trouve notre pays depuis cette date. D’ailleurs, on revoit sans cesse certains d’entre eux à l’œuvre, non pas comme simples parrains du régime de Sassou, mais bien pères vigilants de celui-ci. Le général Pierre Oba, par exemple, est toujours de toutes les commissions spéciales. Il a été de la dernière mise en place en 2012 et qui a éteint la lumière sur le dossier du 4 mars (explosions de la caserne de Mpila). Vous vous rendez compte ! La vérité sur un si grand dossier a été mise sous le boisseau. C’est le 18 mars 1977 et c’est le 28 juillet 1999 qui continuent.

11 – Mais comme je l’ai dit plus haut, de nombreuses mains viennent de l’extérieur pour nous aider à sortir de la profonde et tragique nuit du 18 mars.

Ne désespérons donc pas, Chers Compatriotes, demain, nous serons capables de nous regarder les uns et les autres en face, de nous redire Congolais, de nous reconnaître citoyens d’un même pays, bénéficiaires de mêmes droits et lois, à égalité. Songer ici à ceux qui, dans notre pays, travaillent avec patriotisme et dévouement comme des citoyens. Non, Sassou n’a pas brisé tous les cœurs au Congo. Nous sommes capables de tout redresser, de tout rebâtir. Si nous commençons par redresser nos esprits, les renouveler, comme l’ont fait les Sud-Africains.

TROISIÈME PARTIE :

DE LA PRATIQUE SORCIÈRE DES COMMISSIONS SPÉCIALES PAR DENIS SASSOU NGUESSO

1 – La mise en place immédiate d’une Commission spéciale est une pratique courante chez Sassou Nguesso dès qu’une tragédie s’abat sur notre pays. Le 18 mars1977, il annonce la mise en place d’une commission, exclusivement composée de militaires. Thystère-Tchicaya, alors haut responsable du par ti unique en place fit tout pour que ce CM (Comité militaire) accepte d’ajouter un P à son sigle et devienne CMP (Comité militaire du par ti). Mais ceci n’empêcha pas ce comité d’un parti suspendu de travailler totalement comme une sorcière, de façonner un Après-Ngouabi fait de crimes et de sang, du crépuscule à l’aurore, et même au cours de la journée.

La pratique a resurgi au lendemain de la tragédie du 4 mars 2012. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait où en est l’enquête dans l’explosion de Mpila, une commission spéciale mise aussitôt en place, ayant immédiatement tout brouillé. Même les plus grands cadres juristes y perdent leur droit, leur savoir-faire et crédibilité professionnelle. Des détenus croupissent en prison sans savoir quels magistrats compétents les empêchent d’être libres, quels principes de droit président à leur maintien en détention ?

2 – Les Commissions spéciales représentent chez Sassou Nguesso le rideau de fer qu’il abaisse dès qu’il y a un dossier à traiter à la manière d’Andzimba. C’est la mort qui tombe soudainement et coupe aussitôt l’espèce à la vérité, terrorise tous ceux qui veulent la rechercher. Oui, dès qu’il a décrété la mise en place d’une Commission spéciale dans un dossier donné, l’intelligence, la vérité ont déjà « la tête coupée » (sic).

Revenons au 18 mars 1977. Pourquoi un régime de comité spécial fut-il mis en place alors que l’impérialisme aux abois avait pris la fuite comme un lâche ? Pourquoi une Cour martiale secrète ? Pourquoi des sentences sans audience alors que l’accusé, Massamba-Débat, n’avait pas fui ? Il s’était alors présenté le 18 mars dans le Bureau de Sassou Nguesso qui l’y avait fait venir par Mouanga Lazare. Pourquoi cette culture perpétuelle de piège ? Pourquoi Sassou Nguesso a-t-il choisi, en 1999, de réfléchir sur le Document Dabira comme sur un mystérieux songe ? Pourquoi a-t-il consulté 8 « grands augures » ?

C’est parce que l’homme aime toujours donner à ses décisions des caractères qui ne l’engagent pas lui seul personnellement alors qu’elles sont fondamentalement ses options à lui. Il aime rendre collectifs ses forfaits, ses crimes, ses péchés. Il aime associer d’autres à ses abominations, quitte à leur faire porter par la suite, toutes les conséquences négatives de celles-ci. Yhombi Opango et d’autres en savent quelque chose là-dessus ; ainsi que ceux qui ont pris part à sa chute le 5 février 1979.

3 – Les membres de la Commission spéciale du 17 juillet 1999 doivent aujourd’hui, devant le Congo replacé par eux dans les mains de Sassou et qui tombent en lambeaux chaque jour, se sentir bien coupables. Ils ont empêché ce personnage de s’enfuir comme vient de faire Bozizé. Ils ont empêché ce démon traqué de sor tir, de s’enfuir d’une maison. Ils doivent se sentir très responsables de la situation qui prévaut depuis le 28 juillet 1999 au Congo et qui est sept fois pire que celle qui faisait frémir Dabira « dans tous ses sens » à cette époque.

Les 8 membres de la Commission spéciale qui portent la responsabilité d’avoir suspendu Sassou Nguesso dans la fuite conseillée par Dabira et sa cellule doivent aujourd’hui se sentir de piètres voyants, des voyants moins éclairés que Dabira. Des voyants complices de la nuit qu’ils ont maintenue sur le Congo.

Vivement que leur rapport sur le document Dabira paraisse. Nous espérons qu’il vous sera communiqué un de ces jours par un lecteur qui en posséderait un exemplaire. D’avance merci. Point de contact : Afrique Education.

4 – Mais, comme indiqué plus haut, il ne faut pas se faire trop d’illusions sur ce point. Les membres de la Commission spéciale n’ont pas tous appelé Sassou Nguesso à réfléchir sérieusement sur la situation décrite par Dabira dans son document. La preuve : le général Pierre Oba nommé peu après, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Administration du territoire, s’est mis à écrire à Sassou Nguesso, exactement, le 25 octobre 2000, des choses qui non seulement gardaient le chaos mais l’approfondissaient. Dabira évoquait le chaos en tremblant dans tous ses sens. Pierre Oba travaillera à son approfondissement après le 28 juillet 1999, apparemment, sans état d’âme.

Si ceux qui se plaisent à traiter de calomnies ce que nous affirmons continuent leurs yeux enfantins et irresponsables, nous leur ferons le plaisir de lire, ultérieurement, ici, les Documents Pierre Oba en date du 25 octobre 1999 (Référence : Ministère de l’Intérieur de la Sécurité et de l’Administration du territoire. Cabinet n° 0285/ MISAT/CAB). Nous leur ferons lire ce que le ministre Pierre Oba écrit froidement dans ce qu’il appelle « Note d’information relative à la préparation de la rencontre de famille du 27 octobre 2000 ». Des réunions politiques réduites au rang de « Rencontre de famille », c’est-à-dire, tribale ou régionale.

Pauvre Congo !

Oui, Chers Messieurs Nkou, Goma-Mambou et Mouloungui qui souhaitez des preuves éclatantes, je comblerai vos vœux si vous continuez à jouer aux irresponsables. Je publierai à votre intention particulièrement les documents de Pierre Oba en date du 25 octobre 2000 et intitulés :

- Mission « Maintien du général Gueï au pouvoir » (nous devons financièrement soutenir le général Gueï) ;

- Mission « Provocation de nouveaux affrontements avant la date du 24 octobre 2000 : Piéger (les adversaires) en les entraînant par diverses techniques de provocation, dans de nouveaux affrontements qui offriraient un prétexte pour la répression conséquente dans les zones cibles et justifieraient notre maintien au pouvoir au-delà des dispositions de l’Acte fondamental (de 1997), c’est-à-dire, perpétuer le caractère sans délai fixe de ce pouvoir ;

- Mission « Récupération de certains membres du CNR : L’intransigeance de N’Toumi pour un dialogue national sans exclusive avec la participation de tous les exilés… crée une grande confusion même dans nos rangs » ;

- Mission « Intimidation des syndicalistes » (Utilisation de balles réelles) ;

- Mission « Récupération de l’UPADS » (Notre élément est aujourd’hui totalement coupé de la base MCDDI) ;

- Mission « Rapprochement de Kolelas » (Confiée à feu Noumazalayi);

- Mission « Création d’un mouvement satellite en confiant sa mise en place à…) ;

- Mission « Plan d’application au Congo de la recette Menguistou ; réduire au silence les irréductibles » sans procès. Les liquider purement et simplement et sans laisser la moindre trace de leur corps comme Mengistou l’a fait de l’empereur Haïlé Sélassié ».

On pourrait y ajouter d’autres documents comme une lettre « Top Secret » adressée au général Nkonta à l’époque colonel, lettre dans laquelle de nombreuses têtes sont mises en jeu dont celle de Bernard Kolelas.

5 – Le général Pierre Oba doit, aujourd’hui, se rendre compte que sa recette est à double face. On réduit aujourd’hui les irréductibles au silence. Mais la suite, c’est quoi ? Souvent, on se met à réduire au silence ceux qui vous ont aidé dans les premiers crimes. L’histoire du PCT, pleine de tragédies de toutes natures, doit aider Pierre Oba à méditer sur le 28 juillet 1999, c’est-à-dire, sur la rétention de Sassou Nguesso alors résigné à subir son sor t. Il avait sans doute déjà bouclé certaines de ses malles dans le cadre du scenario Dabira : sortir habilement du Congo, trouver un coin d’accueil qui ressemble à un paradis.

Le général Pierre Oba doit regarder le régime de Sassou Nguesso plein de morts suspectes, d’anciens amis et serviteurs.

6 – Conclusion : O non, il n’y a pas de conclusion dans un combat qui vise le triomphe de la vérité, tant que l’horizon comporte encore quelques points sombres et éclaircir tant que subsistent encore quelques esprits qui y volent encore très bas ou s’y emploient à distraire d’autres.

Tenez, Sassou Nguesso poursuivi pour recel en France de biens volés dans son pays, vient de déclarer en plein Paris que la justice de France n’a pas à lui demander des comptes. C’est comme s’il veut prendre à son aise le code pénal français et le délit qui y est défini et puni au chapitre Recel. Sassou vient se faire receleur en France et veut qu’on ne l’interpelle pas, que seule sa justice le fasse, s’occupe de lui. Mais y a-t-il dans son pays une justice libre d’appliquer la loi à un délinquant de son acabit ?

Chers Compatriotes, je continuerai donc à mettre à votre disposition des documents qui nous aident à construire, pierre par pierre, le socle de la vérité et de la liberté dans notre pays sur le modèle sud-africain « Vérité Dialogue Réconciliation ». Bien entendu, je ferai de telle sorte que nul ne soit exclu de cette nécessaire marche vers le renouveau, qui accepte le renouveau de son cœur et de son esprit, sera le bienvenu. Sa main sera acceptée et associée à la remise en bon état de notre jarre nationale percée. Œuvrons pour notre réconciliation.

A la prochaine, donc, Chers Compatriotes.

Appel au patriotisme des Congolais et amis du Congo : Qui démentira Dabira ?

Membres de la Commission spéciale créée le 17 juillet par le général Denis Sassou Nguesso et de sa délibération du 28 suivant, qui d’entre vous, dans l’intérêt de la vérité et de la paix au Congo, démentira Dabira ? Qui lui rappellera publiquement que le document du 16 juillet est bien de lui ? Qui d’entre vous qui avez été choisis comme témoins privilégiés de l’analyse de ce document, rappellera à Dabira que son document n’est pas un faux, mais bien son œuvre par faite, et correctement signé par lui ? Qui d’entre vous démentira Dabira dans l’intérêt de la vérité et de la marche du Congo vers la réconciliation, car sans vérité, il n’y aura pas de véritable paix au Congo ?

Me Aloïse Moudileno Massengo

Ancien Premier Ministre du Congo

Ancien Ministre de la Justice du Congo

SOURCE : afriqueeducation.com

[Congo-Brazzaville] Denis Sassou Nguesso : l'aveu devant l'historique "Document Dabira"

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