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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 10:35
[Congo-Brazzaville] Affaire des disparus du Beach de Brazzaville ou le crépuscule des assassins

AFFAIRE DES DISPARUS DU BEACH DE BRAZZAVILLE OU LE CREPUSCULE DES ASSASSINS

Le 14 avril 2013, les Autorités congolaises annonçaient la mort du général Adoua Blaise au Maroc. Hasard des dates ou signe divin, ce qui est certain, c'est que le bourreau des populations des régions sud du Congo est mort au 14° anniversaire des massacres du Beach de Brazzaville. Mais le 14 avril est aussi la date de la signature de l'accord tripartite HCR, Kinshasa et Brazzaville sur le retour sous l'égide de l'ONU des réfugiés brazzavillois en exil en RD Congo.

Alors que les parents et amis de ce fidèle des fidèles s'attendaient à un deuil national, le corps du héros de la guerre du 5 juin 1997 arrivait au Congo dans un climat de tension qui exprimait la peur du côté pouvoir. Le président congolais, la peur au ventre, avait fait déployer les armes les lus meurtrières dont il venait de doter son armée de répression. Toutes les places fortes de la capitale étaient sous haute surveillance. Des rumeurs attribuaient la mort du général Adoua Blaise et celle de nombreux officiers et autres cobras à un programme d'empoisonnements mis en place par le président congolais via les généraux Jean Dominique Okemba et Jean François Ndenguet. C'est certainement pour cette raison que ces deux personnalités étaient absentes à toutes les cérémonies consacrées à la mémoire de celui que l'histoire du Congo retiendra comme l'officier général le plus cruel de tous les temps.

L'indifférence affichée par monsieur Sassou devant le corps de son boucher renforce les rumeurs sur sa volonté de faire taire tous ceux qui étaient mêlés au génocide des populations des régions sud dont les massacres du Beach de Brazzaville.

En effet, depuis la reconnaissance par le président congolais des massacres du Beach de Brazzaville, les morts ne se comptent plus dans les rangs des anciens collaborateurs de l'ex-Commandant de la garde présidentielle. Le dictateur congolais certainement effrayé par la procédure française et d'éventuelles autres poursuites notamment de la part des institutions judiciaires internationales, a décidé de se débarrasser de tous les officiers et autres cobras mêlés à ces terribles assassinats.

Homme de secrets, monsieur Sassou Nguesso dont le parcours politique est jonché de cadavres possède la triste réputation d’un criminel froid. Calculateur et perfide, ses nombreux crimes sont enveloppés dans un brouillard d’où on ne distingue jamais son visage. Même ceux qui croient le connaitre y perdent leur latin et même la vie. C’est par ces pratiques radicales qu’il est parvenu à bout non seulement de ses adversaires, mais aussi à l’élimination physique de tous ceux qui, même amis, pouvaient constituer un obstacle à son ascension. Les parents et amis du président Marien Ngouabi n'en doutent plus. Dans les rangs de ses groupements de la mort, il n’aime ni les bavards, ni ceux qui se plaignent du volume des miettes qu'il veut bien leur donner.

Pour couvrir tous les crimes commandités par lui ou commis pour lui, depuis son retour sanglant au pouvoir, il a imposé une OMERTA à tous ses collaborateurs et hommes de mains. Tous ceux qui violent cette sainte règle quittent le monde de façon foudroyante, quelle que soit la position qu’ils aient tenue dans son système. C’est la raison de l’hécatombe dans les rangs de tous ceux qui l’ont aidé à reconquérir par le feu et le sang le fauteuil présidentiel congolais.

Malheureusement, cette tendance qu'à monsieur Sassou de tout faire en silence et dans l’obscurité ne s’adapte pas à la nature volubile des assassins. Rendus vaniteux par le droit de vie et de mort sur les autres citoyens, ils se donnent du plaisir à raconter leurs macabres exploits.

Le second danger auquel sont exposés ceux qui tuent pour le ‘président’, c’est la manifestation en public de leurs mécontentements. Plusieurs d’entre eux croient avoir été payés en monnaie de singe et ils le proclament. Eux considèrent l’actuel pouvoir comme une société dont ils seraient d’importants actionnaires. Leurs parts devraient donc être aussi importantes que celles des enfants, neveux et affidés dont le niveau d'enrichissement est éclatant.

Selon des amis proches des morts récents, ils aimaient répéter cette phrase qui, certainement, leur aura été fatidique : C’est nous qui avons fait le sale boulot et ce sont les fils, les neveux et des politiques qui se goinfrent…Pendant que nous exposions nos vies, ces individus se cachaient dans leurs palaces… Pour monsieur Sassou, tous ceux qui tiennent un tel langage représentent un grave danger pour son avenir. Ils pourraient un jour témoigner devant des tribunaux ou même adhérer à une révolte contre son pouvoir. Dans le royaume de Sassou, ceux-là ont la vie courte.

Entre mars et avril 2013, deux officiers anciens collaborateur du général Adoua sont morts foudroyés par une crise cardiaque. Le colonel Jean Edouard Taty aurait été terrassé en plein cocktail de prise de commandement et le général Emmanuel Avoukou après un repas bien arrosé. Ces deux officiers détenaient tous les documents relatifs au traitement infligé aux personnes arrêtées au Beach et dans d’autres zones. Ces documents comprenaient : Les listes, les rapports d'interrogatoires, le planning des exécutions, la composition des pelotons d'exécution ainsi que les lieux et les méthodes de destructions des corps ou de preuves.

Curieusement, à l’approche du procès sur les disparus du Beach en juillet 2005, tous ces documents étaient introuvables. Les collaborateurs du général Adoua Blaise avaient ordre de les soustraire à l'attention des magistrats.

Mais, les anciens officiers de la garde présidentielle révoltés par l’inculpation de plusieurs d'entre eux, décidaient de rompre l'OMERTA. Ils estimaient que la reconnaissance par monsieur Sassou des massacres du Beach et l'organisation d'un procès était une trahison. Ce procès ne devrait jamais se tenir car il mettait à découvert tous les assassins.

Depuis, chacun donne sa version des faits. Certains même prennent des contacts avec des milieux extérieurs pour se payer une certaine tranquillité et éviter des poursuites en France par exemple. Pour eux, le commandant en chef devrait assumer car les ordres venaient de lui. Voilà le nœud de l'affaire et la cause principale des arrestations sur toutes les bases, des maladies bizarres et des morts brutales.

L'arrestation du colonel Tsourou Marcel et celle de nombreux autres officiers par rapport aux explosions du 4 mars 2012 intègrent ce programme de neutralisation de ceux qui présentent un danger pour l'avenir de monsieur Sassou. Il faut reconnaître aussi que pour la majorité, ces officiers et autres personnels militaires impliqués appartenaient autrefois à la formation du général Adoua Blaise. Ils avaient pris une part active aux opérations militaires contre les populations civiles dans la partie sud du pays et aux massacres du Beach.

Leur implication supposée dans les explosions des munitions le 4 mars 2012 est une mascarade. Tout comme le sont aussi les nominations récentes des généraux Mokoki et Mondjo au sein du gouvernement ou celles de plusieurs officiers dans des formations à l'intérieur ou à l'étranger. Ces promotions sont empoisonnées. Le pouvoir a voulu tout simplement les écarter de leurs troupes pour les rendre vulnérables. Ils sont une menace pour monsieur Sassou qui voudrait neutraliser tous ceux qui pourraient témoigner contre lui devant des juridictions ou chercher à le renverser pour crime contre l'humanité. Ces officiers sont les seuls à connaître l'ampleur du génocide sur les populations des régions sud et les dessous de l'affaire du Beach.

Ce complot aurait été monté par un noyau politique composé entre autres de Jean Dominique Okemba, Jean François Ndenguet et un certain Ngakala Michel nouvelle éminence grise qui parlerait à l’oreille du président congolais.

Comme le pensait le général Adoua Blaise malgré ses fonctions sensibles, de nombreux officiers congolais sont très critiques vis-à-vis de la classe politique congolaise. Pour eux, les élus actuels tous bords politiques confondus ne sont que des irresponsables et des pantins incapables et corrompus.

Mais les propos sus évoqués ne seraient pas les seuls au passif des assassins. Selon certaines rumeurs, le général Adoua Blaise aurait eu des contacts avec des congolais et des Avocats à l’avant-garde de la procédure française sur l'affaire des disparus du Beach.

Des documents auraient aussi été communiqués au Département d’État américain chargé des droits de l’homme. Des officiers seraient en rapport avec l'ambassade des USA à Brazzaville. Les mêmes officiers auraient pris contacts avec les membres de la délégation de la commission des nations unies sur les personnes déplacées ou portées disparues pendant leur séjour au Congo courant 2011.

Mais les massacres des populations des régions sud du pays et principalement ceux du Beach ne sont pas les seuls à assombrir l’avenir de monsieur Sassou. Des notables Kouyous auraient aussi rédigé un rapport compromettant pour monsieur Sassou sur les massacres des populations du district d’Owando.

En effet, la plainte sur les massacres du Beach de Brazzaville a inspiré des cadres kouyous qui voudraient aussi faire connaître les massacres des populations du district d’Owando à deux reprises.

D'abord le prétendu maquis d’Ikongono qui ne comptait que le capitaine Anga Pierre et sa fille de douze ans. Pour mettre fin à ce maquis amplement sonorisé, un président, général de son état trouvait une solution originale. Il mobilisait une soldatesque nationale renforcée des contingents de mercenaires pour tuer des populations d'un pays dont il prétendait être le chef de l'Etat.

Poursuivis dans les savanes et les forêts, des centaines de paysans de tous les sexes et de tous les âges avaient été assassinés. Comme aux côtés de monsieur Sassou la cruauté confère des promotions, les auteurs des massacres de paysans du district d’Owando sont aujourd’hui riches et bardés de gallons. Ils coulent des jours heureux narguant des parents endeuillés à jamais.

Mais le peuple kouyou qui n’a jamais fait le deuil n’a pas oublié, il attend calmement le verdict populaire.

Toujours à Owando, Monsieur Sassou, candidat aux élections présidentielles, voulait, tel un roi, entrer en conquérant sur un tipoye dans la capitale de la cuvette, fief des kouyous. Le refus des populations avait été réprimé dans le sang.

Contrairement aux massacres des populations des régions sud qui avaient été exécutés sous le sceau du secret, ceux des populations d’Owando fief de Marien Ngouabi et de Yhombi Opango étaient couverts d'une grande publicité à la radio et à la télévision.

Avec le temps, les populations kouyous du district d'Owando avaient compris que cette humiliation du corps du capitaine Anga Pierre et la sauvagerie criminelle dont était victime les populations de ce district par la suite faisaient partie d'un programme macabre pour humilier à jamais les kouyous.

L'explosion de violence autour de l'affaire du tipoye avec son lot de cadavres et l'assassinat lâche et sauvage des soldats appartenant à la garde du général Yhombi à Oyo, venaient comme clôturer ce programme d'asservissement des kouyous.

La publicité autour du maquis d'ikongono et de l'affaire du tipoye dans le district d'Owando permettait à monsieur Sassou d'annoncer au peuple congolais et au monde, la fin du mythe sur la bravoure guerrière des kouyous. Par ces actes dont les victimes étaient exclusivement kouyous, ces derniers passaient sous la tutelle des mbochis.

Mais la neutralisation des kouyous avait commencé dès l'assassinat du Commandant Marien Ngouabi en 1977 et la destitution ignominieuse du général Yhombi, le 5 février 1979. Ensuite, monsieur Sassou enfermera le général Yhombi pendant environ dix ans. C'est le premier homme politique qui aura passé autant de temps en prison.

La neutralisation des kouyous se poursuit avec le passage avec corps et âmes des cadres kouyous dans le camp Sassou. Le RDD ruiné par la santé de son président et les appétits de ses cadres engagés dans une course de fond vers monsieur Sassou bat de l'aile.

Cette domination des mbochis sur les kouyous est aujourd’hui encore vécue comme un drame et une insupportable humiliation par tous les kouyous. L'histoire régionale présentait ces derniers comme des braves, et Marien Ngouabi et Yhombi Opango étaient leurs héros. Pour eux les mbochis sont une tribu hybride au sang mêlé avec les tékés et les pygmées. Faisant référence à l'implication des tékés dans l'assassinat de Marien Ngouabi à la conférence nationale, un certain Jacques Okoko (kouyou), recensait les tékés parmi les races inférieures mais qui avaient eux-aussi, la prétention de s'installer au pouvoir. Voulait-il par là, faire regretter la présence au pouvoir des mbochis porteurs du sang téké? Ce qui est certain c'est que monsieur Okoko avait à cette occasion prouvé son aversion vis-à-vis de monsieur Sassou Nguesso.

Trois faits d'ailleurs pourraient confirmer cette volonté de rabaissement des kouyous par les mbochis :

1° - Pour mettre fin à un maquis constitué du capitaine Pierre Anga et de sa fille de douze ans, Sassou Nguesso mobilisait d'importantes forces militaires constituées d'une soldatesque nationale renforcée des contingents des mercenaires recrutés par la françafrique et le pouvoir gabonais. Comme pour faire d'une pierre deux coups, Sassou faisait assassiner des centaines de kouyous et faisait détruire des villages historiques de cette contrée autrefois célèbres pour la bravoure de ses habitants.

2°- Le corps du capitaine Pierre Anga criblé de balles faisait l'objet d'une exposition macabre. Il était présenté tel un trophée suivi d'une violente campagne médiatique contre les kouyous jugés réfractaires au pouvoir de Sassou. Ils étaient présentés dans les médias comme opposés à l'avènement d'un mbochi au pouvoir.

Depuis, le mépris total de celui qui prétend être le Père de tous les congolais vis-à-vis de la douleur des familles éprouvées ainsi que l'inattention déconcertante de cet homme vis-à-vis de la mémoire de ces victimes innocentes font poser des questions aujourd'hui encore sur la nature réelle de cet homme.

3°- L'assassinat des militaires congolais appartenant à la garde personnelle de l'ex-président Yhombi de la tribu kouyou. Ils étaient partis d’Owando pour Brazzaville via Oyo. C’est dans cette ville qu’ils seront massacrés sauvagement alors qu’ils étaient sur le territoire congolais et n’avaient pas d’armes. Des pratiques d'une barbarie inouïe qui ne trouvent aucune explication politique et humaine.

La famille Sassou gère toutes les richesses du pays. Elle contrôle toutes les entrées et les sorties d'argent. Le pétrole est géré par une société dirigée par l'un de ses fils. Il est aussi transporté et mis en vente par des membres de la famille.

Dans la masse de nos recettes, il dégage la part qu'il veut pour le budget national et confisque à son profit la plus grande part. Le paiement des salaires, des pensions et des bourses est fait selon sa volonté.

Sous son règne, tout est propriété de la famille. Le pays, les populations et les richesses sont ses propriétés. Ainsi, monsieur Sassou, aidé de ses fils et neveux et autres affidés, pillent impunément les richesses nationales.

Les populations sont affamées et abandonnées dans la misère L’Armée est ravalée au rang de milice et dispose pour principales missions, la protection du président, des membres de sa famille et de leur impressionnant patrimoine, fruit du pillage des richesses nationales.

Mais pour de nombreux militaires complices, malgré eux, l’OMERTA est finie. Ils sont décidés à venger leurs collègues empoisonnés sur ordre du président. Désormais le peuple congolais et la communauté internationale doivent savoir tout sur les crimes et les magouilles du dictateur Sassou Nguesso.

Jean Marie MBANTSALI

NOTRE COMMENTAIRE :

Ces crimes ignobles de Sassou Nguesso sont aussi à mettre sur le dos de M. Jacques CHIRAC et de la Droite française (RPR/UMP) agissant au nom de la France (françafrique).

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